» Travailleurs Agricoles en Lauragais
Par
Laure Teulières
Pour qui s'intéresse à l'immigration italienne dans le sud-ouest, l'Aude présente un cas un peu à part.
Il s’agit de cet espace de transition
particulier, le seuil de Naurouze, fermant le bassin versant
de la Garonne et ouvrant la partie orientale du département
vers la côte méditerranéenne. Cette
différence d’influences, de climats, de terroirs
se retrouve dans les usages du sol. D’un côté,
les coteaux qui touchent au Midi toulousain où
domine longtemps une polyculture traditionnelle, de l’autre
le Languedoc, devenu au tournant du siècle un pays
à vin et à vigne. Cette activité
de grande production nécessite une abondante main-d’œuvre
et occupe en particulier beaucoup d’Espagnols.
Certains sont employés à l’année,
pour la taille et l’entretien du vignoble, ainsi
que pour le binage, l’entretien des parcelles ou
le curage des fossés. Pour le reste, un flux très
important de saisonniers, hommes et femmes, passe la frontière
catalane à la saison des vendanges. D’un
point de vue démographique, le département
présente un mouvement tout aussi contrasté.
Depuis la seconde moitié du XIXe siècle,
la croissance que connaît l’arrondissement
de Narbonne contraste avec les zones plus à l’ouest
du département qui se dépeuplent de façon
continue. Les cantons situés aux confins de la
Haute-Garonne sont d’ailleurs les plus touchés,
tels ceux de Castelnaudary, Belpech, Salles-sur-l’Hers
ou Fanjeaux. Au sortir de la Grande Guerre, ces campagnes
ont perdu près du tiers de leurs habitants en l’espace
de quelques décennies.
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