» Civita
di Bagnoregio, la ville qui se meurt
Par
Susanna Capalbo
Notre promenade à
la découverte des plus beaux bourgs d’Italie
continue. Aux confins des régions du Latium et
de l’Ombrie, dans la province de Viterbe, se cache
une perle rare : Civita di Bagnoregio. Un petit bourg
de cinq âmes seulement qui, avec ténacité,
tend à renaître de ses cendres.
Sans le pont piétonnier qui la
relie au reste du monde, on dirait une île. Une
île en son genre, non pas entourée par la
mer mais par la Valle dei Calanchi, célèbre
à cause d’un phénomène d’érosion
qui lui donne un air de Grand Canyon. Une vallée
où dominent le blanc et le gris bleu des argiles,
tachetée du jaune des genêts et du vert des
châtaigniers. Civita di Bagnoregio, un petit bourg
médiéval, aux confins du Latium et de l’Ombrie,
entre Viterbe et Orvieto, se dresse sur une colline de
tuf, comme suspendue entre ciel et terre, immergée
dans le calme et le silence de la nature.
Le regroupement des maisons, serrées les unes contre
les autres, semblant s’agripper l’une à
l’autre pour ne pas tomber dans le vide, compose
un tableau extraordinaire. Il semble impossible de croire
qu'elles étaient rattachées, jusqu'à
la fin du XVIIème siècle à l'actuel
Bagnoregio. Alors, étrusque, cette petite ville
était une puissante forteresse sous la domination
romaine, elle occupait une position stratégique
entre la Via Cassia, qui reliait Rome à Florence,
et la Via Flaminia qui longeait le Tibre. Au moyen âge,
c'était un centre religieux et administratif florissant.
C'est à la fin du XVIIème siècle
qu'a commencé son lent déclin, et l'on peut
aisément en comprendre la raison. Civita est battie
sur une couche friable de tuf volcanique qui s'appuie
sur un socle argileux fragilisé par de fréquentes
secousses sismiques...
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