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» Estate Romana
Par Delphine Buratto
Comment profiter de la ville éternelle en évitant sa chaleur accablante.

La journée type d'un romain qui passe ses vacances dans la ville éternelle consiste en un schéma simple : somnoler toute la journée en s’empiffrant de fruits, de granités et de glaces, puis, en fin d’après-midi, visiter les musées et flâner dans les parcs, avant de se déchaîner toute la nuit dans la verdure de l’été romain. À Rome, les nuits, qui représentent une véritable passion pour les habitants, sont tellement magiques qu’elles font oublier la touffeur du jour.
À quelques pas du Colysée, la Villa Celimontana, demeure aristocratique du XVIe siècle dotée de splendides jardins en terrasses, vit au rythme du jazz durant tout l’été. Des musiciens de renommée internationale y viennent volontiers jouir du spectacle des lumières jouant avec les gerbes d’eau des fontaines ou les dessins formés dans le gravier par l’herbe et par les fleurs.
Dans l’immense parc de la Villa Ada, c’est la musique du monde qui est à l’honneur chaque nuit : des chanteurs algériens, sénégalais ou des joueurs de tarentelle napolitaine se produisent sur les rives d’un petit lac, à l’ombre des ormes, cyprès, pins, palmiers et grenadiers, devant un public entraîné par la danse, cependant que s’anime tout autour un petit marché de livres, d’instruments orientaux et de vêtements africains.
À la Villa Borghèse, la "villa des délices", le grand escalier qui descend du parc en direction du Musée d’Art Moderne se mue en amphithéâtre pour accueillir concerts et spectacles de cabaret, tandis qu’à quelques mètres de là, les jardins de la Villa Médicis, qui abrite l’Académie de France, invitent le public à des spectacles de danse contemporaine.
Non loin de la Villa Torlonia (demeure du XIXe siècle qui fut la propriété de Mussolini), les concerts de musique classique se tiennent derrière la Cascina delle Civette, un monument qui n’est pas sans évoquer l’antre d’une sorcière. Dans ce rare exemple de style Liberty romain – le Liberty étant l’équivalent italien de l’Art nouveau –, les planchers et les vitraux sont l’oeuvre de l’artiste Duilio Cambellotti.
Quant au théâtre, il se donne dans le décor intensément parfumé du jardin botanique du Trastevere, parmi les cactus, orchidées et autres plantes tropicales, ou bien dans l’enceinte même du Colysée, où l’on peut assister à des représentations d’Eschyle et de Sophocle en grec ancien et se croire ainsi revenu, assis sur les énormes gradins, aux temps de la Rome antique.

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