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Italie: Sicilia

» Nel ricordo di un' isola che non c'è
La mia sicilia di… Ferdinando Scianna
Ferdinando Scianna est originaire de Bagheria, un gros bourg de la Conca d’Oro, près de Palerme. Il commence à faire des photos à 17 ans et, très jeune, avec la contribution de Leonardo Sciascia - auquel il demeurera lié par une amitié et une collaboration de longue date – il publie un livre, " Fêtes religieuses en Sicile " qui lui apporte immédiatement la notoriété et lui vaut le prix Nadar 1966. Avec Gianni Berengo Gardin, il est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands photographes italiens contemporains. Il exerce depuis presque quarante ans une activité de journaliste photographe, d’abord pour la revue l’Europeo dont il a été, pendant neuf ans, le correspondant à Paris, puis en indépendant associé de l’Agence Magnum Photos. Il travaille pour les plus grandes publications journalistiques et ses photos sont exposées dans les galeries internationales les plus prestigieuses. Il a bien voulu dire à Radici la nature de ce qui le lie à la Sicile, ce rapport parfois malaisé que le grand photographe propose à l’œil attentif de nos lecteurs.

Pour moi, photographier la Sicile c’est comme une redondance verbale. J’ai commencé à prendre des photographies vers l’âge de 17 ans et la Sicile était là. J’ai commencé à prendre des photos parce que la Sicile était là. Pour la comprendre, pour essayer de comprendre, à travers les photographies, ce que signifiait être Sicilien. C’est la question obsessionnelle que se posent les Siciliens sur eux-mêmes et sur la terre à laquelle ils appartiennent. Question qui perdure, peut-être de façon encore plus obsessionnelle, quand on quitte la Sicile. Et pendant longtemps, partir et être Sicilien c’était, et c’est encore souvent le cas, quasiment la même chose.
Quand on part, naît l’obsession de la nostalgie, de la transfiguration des souvenirs, des retours d’autant plus rêvés qu’ils sont impossibles. Jusqu’à transformer tout cela en une rancœur, presque une autre fugue. On tente de l’oublier cette Sicile, on interroge et on explore sans cesse le monde pour finalement découvrir que le regard que nous posons sur lui est, sans équivoque aucune, celui de nos yeux de Siciliens. Pour moi, et aussi peut-être pour toute la génération à laquelle j’appartiens, je pense que le thème du souvenir était, quoique de façon tout à fait inconsciente, très présent même quand je vivais en Sicile.

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