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Italie: Palerme

Italie: Palerme1

» Palerme, entre restauration et modernité
Par Susanna Capalbo
Une ville qui redécouvre sa vocation de capitale de la Méditerranée et l’envie d’une renaissance culturelle et sociale.

Les journaux en ont parlé comme d’une remise à neuf sans précédent. Pour une ville telle que Palerme, particulièrement indolente en ce qui concerne les travaux de rénovation, l’entretien et l’aménagement urbain, il s’est agi d’une opération globale comme les Palermitains n’en avaient jamais vue. La Conférence de l’ONU sur le crime organisé d’il y a deux ans et le sommet du G8 ont fourni l’occasion à Palerme de nettoyer ses monuments ternis par la pollution, ravaler les façades de ses églises et de ses immeubles croulants, rouvrir et repeupler ses jardins, embellir ses places et ses fontaines asséchées depuis des années : 65 chantiers ouverts pour un montant total avoisinant les cent milliards de lires..
Palerme est donc un chantier géant, comme Lisbonne, Berlin ou Naples, un peu au détriment de la population confrontée à un trafic de plus en plus dense, à des trottoirs inexistants, à la poussière et au smog. Une ville qui est aujourd’hui partiellement rendue à ses habitants avec un nouveau visage. Près de 250 mille euros ont été dépensés en fleurs et en plantes, des cyclamens aux citronniers, afin de recouvrir les places Pretoria, Quattro Canti, Cattedrale, Verdi et Politeama.
Une occasion en or pour Palerme, capitale méditerranéenne dont le centre historique - l’un des plus étendus d’Europe - porte encore les stigmates des bombardements de la dernière guerre. Voici donc les lieux historiques de la ville, bénéficiant de “ l’effet ONU ”, qui retrouvent leur magnificence d’antan. Entre autres sites de premier plan, citons cette étape obligée pour tout touriste qui se respecte, cette “ carte de visite ” de Palerme que sont les Quattro Canti, un coin baroque situé à la croisée du Casaro, du Corso Vittorio Emanuele et de la Via Maqueda, entièrement nettoyé et restauré aux endroits fatigués par le temps. Mais ce que Palerme attendait avant tout, depuis une cinquantaine d’années, était la réhabilitation de la Marina, qui était jadis un lieu de promenade en bord de mer privilégié des habitants avant que forains et camelots ne se l’approprient.
Construite en 1582 sur l’ordre du vice-roi Colonna, elle fut embellie au XVIIIè siècle de statues et autres pièces de marbre afin de mettre en valeur la colossale Porta Felice, qui mène de la mer à la cathédrale. Et puis, les ravages de la guerre et le remplissage à l’aide des éboulis des bâtiments détruits en ont agrandi la surface, éloignant en quelque sorte la ville de la mer : un port, la Cala, qui exigeait une opération de restauration et de dépollution urgente
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