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Italie: Leonardo Sciascia

» Leonardo Sciascia : “ Il lungo viaggio ”
Par Cristina Noacco
Leonardo Sciascia est né et a vécu toute sa vie en Sicile, en faisant de la réalité de cette île le centre constant de son œuvre, ainsi qu’une métaphore du monde. Un regard lucide et une forte aspiration à la justice l’ont amené à décrire la vie sociale et politique de sa terre natale avec un esprit critique, inspiré de celui des Lumières, qui trouve son modèle dans l’œuvre de Voltaire. Il n’a eu de cesse de dénoncer les abus de pouvoir et la culture d’oppression instaurée en Sicile par la mafia, participant même - pendant quelques temps - à la vie politique du pays. Ses premiers livres sont consacrés à des enquêtes documentaires sur la vie et l’histoire des villages et du peuple siciliens (Le parrocchie di Regalpietra, 1956 ; Gli zii di Sicilia, 1958-1961). Plus tard, son expérience politique et sa constante obsession de la vérité lui ont permis d’aborder d’une manière originale le genre du roman policier. Il giorno della civetta (1961), Il consiglio d’Egitto (1963) et A ciascuno il suo (1966) témoignent de cet intérêt pour l’enquête, auquel l’auteur mêle la conscience, novatrice par rapport au roman policier traditionnel, du fait que la difficulté ne réside pas dans la découverte de la vérité, mais plutôt dans sa divulgation publique et dans sa victoire sur les manœuvres des imposteurs. L’enquête prend alors le ton de l’essai, comme dans La scomparsa di Majorana (1975, autour d’un physicien disparu) et dans L’affaire Moro (1978, sur l’enlèvement et l’assassinat du leader démocrate-chrétien). Parmi les autres œuvres de Leonardo Sciascia (nouvelles, articles et essais), le roman Candido (1977) représente une réécriture du célèbre ouvrage de Voltaire : le personnage autobiographique y incarne enfin, pour l’homme politique et pour l’écrivain Sciascia, la figure de l’intellectuel contemporain.

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