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Italie: Don Ciotti

» Don Ciotti, un prêtre contre les Injustices
Par Rocco Femia
Le nom de Don Ciotti, “Padre Coraggio”, l’homme en première ligne contre les mafias, l’homme de la solidarité internationale et de la guerre ouverte contre les toxicomanies, se rattache d’emblée à celui de l’association qu’il a fondée en 1995 : “Libera, associazioni, nomi e numeri contro le mafie”. .

Née de l’expérience d’un réseau de coordination internationale de lutte contre les toxicodépendances et active dans les pays de l’Union Européenne, Libera coordonne aujourd’hui plus de 800 associations et est présidée par Don Ciotti qui, depuis des années, regarde la Sicile comme une terre d’espoir. Né à Cadore (Vénétie) et très tôt installé à Turin avec sa famille, Don Ciotti manifeste son jeune engagement dans le Gruppo Abele qui vient en aide aux gens en difficulté sociale de quelque nature qu’elle soit. Après son travail pour la réinsertion des détenus mineurs et la création de communautés alternatives à la prison, il se consacre aux problèmes de la toxicomanie et de l’alcoolisme.
Dans les années 70, il est ordonné prêtre et se voit confier pour paroisse la rue où est en train de se répandre la tragédie des jeunes gagnés massivement par la drogue.
C’est ainsi que commence un travail de volontariat et de coopération internationale sur le front de la prévention. Dans les années 80, il participe à la fondation de la Ligue contre le SIDA qui se forme pour défendre les droits des séropositifs.
Son engagement dans le travail de dénonciation et d’opposition au pouvoir mafieux remonte aux années 90 et le conduit inévitablement en Sicile, une terre marquée par un puissant désir de se racheter. Il crée le périodique Narcomafie et se met à collaborer avec les principaux quotidiens nationaux et les revues internationales ; en 1999, il devient citoyen honoraire de la petite ville de Niscemi, dans la province de Caltanissetta.
Si le travail de récupération sociale continue en Europe et ailleurs, c’est surtout en Sicile que l’activité se concentre, sur le thème de la Libera Terra : un vrai projet de reprise des biens confisqués par les mafieux, soutenu par la Préfecture de Palerme, qui se réalise en 2001 grâce à l’application de la loi 109. Une victoire de la légalité et une réaffirmation des droits civils contre l’arrogance et les abus de pouvoir de la mafia. Concentrée sur la zone du Corleonese, à San Giuseppe Jato, dans la province de Palerme, cette initiative a déjà obtenu la confiscation de plus de 175 hectares, avec l’objectif de créer des coopératives sociales permettant le lancement d’activités agricoles.
C’est là, d’ailleurs, qu’a été réalisé le premier camp international de volontaires. Vingt et un jeunes originaires de différentes parties du monde ont construit, sur le domaine confisqué au mafieux Toto’ Riina, des sentiers équipés pour le trekking. C’est un signe fort pour les jeunes Siciliens résignés depuis longtemps à l’indifférence. Autre succès parmi les actions de Libera : la Caravane Internationale Antimafia, un parcours offert aux jeunes, riche en rencontres, projections et débats autour de questions sociales. Dans le bref entretien qui suit, nous évoquerons les rapports entre Don Ciotti et la Sicile.

Retrouvez l’interview de don Ciotti dans Radici

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