
Une leçon de courage et d’amitié
par Giovanni Giustetto
C’est l’histoire d’une famille de paysans piémontais émigrés dans le Tarn. Giovanni/Jean Giustetto, rentré en Italie en 1953, nous raconte, vu de l’autre côté des Alpes, les années passées avec sa famille à Salvagnac au tournant des années 40-50. Une histoire de souffrances et de travail mais aussi et surtout une formidable démonstration d’entraide et de solidarité.
Les personnages principaux de cette histoire sont mon grand-père Louis Tefilo, né en 1888 à Bosia dans la province de Cuneo au Piémont, sa fille, Rina, ma mère, née en 1917 à Piobesi d’Alba (Cuneo), Michel Giustetto, mon père, né en 1912 à Marcos Juarez, dans la province de Cordoba, en Argentine et moi, Jean, né en 1939 à Virle, près de Turin. Tout a commencé en 1948 dans une Italie en pleine crise économique où les deux décennies de dictature et le conflit mondial avaient laissé de profondes traces. Le pays était encore essentiellement agricole, le boom de l’industrie, le fameux « miracle italien », n’avait pas encore commencé et la croissance démographique était telle qu’il y avait trop de bras et pas assez de travail. L’émigration, qui avait été fortement réduite durant la période d’autarcie voulue par Mussolini, constituait souvent la seule solution. Elle reprit de manière importante dès 1946 et, comme avant-guerre, la France fut une des principales destinations. Comme beaucoup à l’époque, mon grand-père, alors âgé de 60 ans, n’avait pas d’emploi et de revenus stables. Issu d’une famille pauvre de sept frères, il avait été toute sa vie un « sans terre », un salarié agricole. Il se souvint alors que son ami Domenico Cordero, du village de Monteu Roero (province de Cuneo), avait émigré en France en 1934 et s’était installé à Albefeuille-Lagarde dans le Tarn-et-Garonne. Il décida alors de tenter sa chance et se rendit chez cet ami. Une fois en France, il se mit à cultiver des fruits et des légumes en métayage avec l’idée de mettre assez d’argent de côté pour pouvoir acheter sa « propre » terre, ce qu’il réussit à faire quelques années plus tard à Saint Nauphary près de Montauban.

Article suivant » Cliquez ici pour lire : "La storia siamo noi".



Emigrazione






















