Entre Sicile, terre d’origine et Tunisie, terreau d’enfance

Immersion dans la médina des années 50. C’est moi, petite fille, qui raconte et me souvient. La vie de cette rue pittoresque, une remontée du temps qui ressuscite les personnages du Tunis italien.

C’est dans la médina de Tunis que j’ai vécu jusqu’à l’âge de dix ans, plus précisément dans une rue commerçante et animée, aux couleurs, aux senteurs et aux visages multiples. J’ai grandi dans ce carrefour de cultures d’après-guerre.

Des grands-parents venus d’ailleurs
Petite, j’entendais dire que la pauvreté avait été la cause essentielle du départ massif des Siciliens à la fin du XIXe siècle, et j’en suis restée là pendant des années. Lorsque mes parents décidèrent de quitter la Tunisie, je sentis que ma vie était en France, ne me pensant plus vraiment concernée par mon court passé. Pour grandir et m’intégrer dans ma nouvelle vie, à Marseille, j’eus besoin d’éloigner cette dimension de l’héritage familial qui me semblait envahissante. Beaucoup plus tard, quand s’imposa à moi l’heure des bilans et des réflexions, le terreau enfoui de mon enfance me rattrapa et ces origines émergèrent. J’eus alors besoin d’exhumer mon propre passé des années 50 et celui plus lointain de mes aïeux.

Huguette Senia-Badeau

Bottone Radici

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