
Divines pâtes héroïnes du cinéma
Les pâtes, miroir des habitudes italiennes, courtisées par les écrivains, les peintres et les artistes de toutes les époques. Mais c’est peut-être bien le cinéma qui leur rend le plus beau et le plus constant des hommages.
Plus qu’un aliment, c’est un véritable phénomène, de surcroît universel. En Italie, les pâtes sont étroitement liées et s’identifient même à l’histoire et à la tradition du Belpaese. Les pâtes ne pouvaient alors qu’endosser un rôle de premier ordre au cinéma qui, de tous les arts de la culture de notre époque, est peut-être celui qui a su le mieux les célébrer. Attention tout de même, les pâtes n’ont pas attendu le septième art pour susciter l’intérêt du monde de l’art. Les citations dans la littérature sont innombrables. Les témoignages de passion, une infinité. Ainsi, dans son journal intitulé Voyage en Italie (1787), Goethe définit les maccheroni comme des « pâtes délicates ». Il décrit aussi des épisodes pittoresques de la vie napolitaine, rendant hommage au travail des maccheronari qui vendaient leurs pâtes dans les rues : « Ces produits se vendent si bien qu’on croise des milliers de personnes emportant ce repas dans des feuilles de papier ». Cependant, c’est sans doute le cinéma qui rend aux pâtes le plus beau et le plus vibrant hommage. Dans Sotto il sole di Roma, film néoréaliste réalisé par Renato Castellani en 1948, un des personnages clés, passager aventureux sur le toit d’un train roulant droit vers Rome, un jeune homme qui rentre de la campagne avec ses vivres, entonne, sur l’air de la chanson fasciste Faccetta Nera : « Borsetta nera, colla farina, colli facioli e la caciotta pecorina » (un sac noir, avec de la farine, des haricots et du fromage de brebis). Selon vous qu’est-il advenu de la farine, des haricots et du fromage ? un plat de pâtes bien sûr, plus précisément une soupe aux pâtes, dont le doux parfum populaire accompagna la période du Ventennio fasciste, qui avait débuté avec des ambitions impérialistes, mais qui ne laissa que famine, colère et catastrophes.

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