Toulouse For Italy

Le 19 décembre 2016, dans la Halle aux Grains de Toulouse comble, la revue RADICI, la Mairie de Toulouse, le Consulat Général d’Italie à Marseille ainsi que de nombreuses associations franco-italiennes de Toulouse et sa région, ont organisé un concert en soutien des sinistrés d’Italie centrale. Retour sur une soirée inoubliable.

Plus de 1 000 personnes. Notre appel a été entendu et les Toulousains ont répondu de la plus belle des façons. Cette fin d’année 2016 a été sans doute parmi les plus belles, sinon la plus belle dans l’histoire de la revue RADICI.

Après la Mutualité le 11 novembre 2016, nous ne pouvions pas mieux clôturer l’année. La Halle aux Grains de Toulouse remplie de spectateurs, tous réunis autour d’une grande cause humanitaire : aider les habitants sinistrés d’Italie centrale après le séisme de l’été dernier. Près d’une dizaine de formations, des musiciens et des chanteurs d’exception ont offert gratuitement leur talent pour l’Italie afin d’aider les personnes les plus touchées par cette immense tragédie.

Du pianiste David Bismuth accompagné par l’orchestre de Chambre Occitania jusqu’aux Inoubliables du cinéma italien en passant par les talents de Cécile Limal, Daltin Trio, Julien Martineau, Rafael et Vicente Pradal, Kiko Ruiz, Lorenzo Naccarato Trio, Gruppo Incanto, Fabrizio De André Band.

L’émotion était palpable, et il faut dire que cela a fait du bien de voir un tel engouement en faveur de la solidarité. Merci à Marina Lorenzo, visage connu du football sur Canal Plus, pour avoir présenté la soirée en compagnie de Patrick Noviello, journaliste à France 3. Leur apport a été le fil rouge d’une soirée toute en légèreté malgré le tragique motif à l’origine de la soirée.

Pour rester dans le domaine musical, rappelons quelques mots d’une chanson de Fabrizio De André : « Dai diamanti non nasce niente, dal letame nascono i fiori ». Oui, des diamants, rien ne naît. Du fumier naissent les fleurs. Oui, d’une terrible tragédie peut surgir une nouvelle vie. Il fallait y croire avant de se lancer dans l’organisation de cette incroyable soirée. La solidarité est en marche, nous l’avons déjà écrit, même si, force est de le constater, il faut toujours une catastrophe pour faire éclore l’Italie : une Italie faite d’art, de cinéma, de poésie, mais pas seulement. La solidarité, arrive toujours après, et il y a eu en Italie bien d’autres désastres naturels, qui semblent être l’un des traits distinctifs du pays. Ce n’est qu’après, seulement après, que l’Italie devient un peuple, une nation.

Mais face aux catastrophes, un seul choix est possible : la solidarité et l’entraide, car les diamants seront toujours stériles, alors que du fumier peuvent naitre les fleurs. Très belle métaphore de Fabrizio De André.
Une Italie tremblante, qui a surtout besoin d’espoir. On dirait une phrase toute faite, comme quand on parle de pizza, de spaghetti et de mandoline. Pourtant, c’est la vérité : il suffit de parcourir les vingt dernières années de l’histoire italienne pour le comprendre. Oui, nous avons besoin d’espoir, surtout en ce début d’année 2017.
Si l’espoir est un vice, selon certains, alors c’est sans doute un vice made in Italy, un peu comme la mozzarella.
Mais n’oublions pas que pour donner du sens et du bonheur à notre humanité, nous avons besoin d’espoir, et c’est la culture, l’art, le cinéma, la musique, qui peuvent donner tout cela. Il n’y a pas mille solutions.

Le final du spectacle « Toulouse For Italy » a été magique, comme un cri d’espoir et d’optimisme au milieu d’une actualité qui voudrait nous obliger au pessimisme le plus noir : c’était la chanson La Vita è bella, sur la musique du film de Roberto Benigni, chantée par Cécile Limal. Tout le monde se rappelle sans doute de la dernière scène du film. Peut-être la plus incroyable de toutes. Souvenez-vous : le petit Giosuè, tel un enfant du tremblement de terre, a perdu son père. Il est sur un char américain libérateur. Il est heureux, malgré le paysage dévasté qui l’entoure. À l’horizon, au-delà des montagnes, le soleil brille, et l’enfant crie : Abbiamo vinto « On a gagné ! »

Oui, nous pouvons gagner ! On dirait la plus inconsciente des illusions, et pourtant, c’est l’unique, la seule grande vérité. Oui, le soir du 19 décembre nous avons TOUS gagné car, face à la destruction, nous avons répondu avec la seule force capable de construire vraiment : l’amour.

Maintenant, il faut gagner les innombrables batailles des prochains mois.

Flavio Apriglianese

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