Une révérence de trop

Au début du XXe siècle, c’étaient bien souvent des Italiens qui se trouvaient à bord des bateaux de l’espoir. En 1906, environ 500 migrants, en grande partie originaires de la Péninsule, périrent lors du naufrage du bateau à vapeur Sirio. Parmi eux, beaucoup étaient clandestins.

Le 4 août 1906, le bateau à vapeur Sirio, parti de Gênes deux jours plus tôt, fait naufrage au large de la côte sud-orientale de l’Espagne, non loin de Carthagène. Les centaines de cadavres retrouvés dans l’eau sont alignés sur la plage. Combien précisément, on ne le saura jamais, peut-être cinq cents. Ce qui est sûr, c’est que ces morts étaient majoritairement des Italiens, des migrants en route vers l’Amérique du Sud.

On suppose que le bateau était quasiment à pleine charge, avec 1 200 passagers à bord. Une centaine était logée dans de luxueuses cabines de première et de deuxième classe, les autres se voyaient entassés dans les dortoirs de troisième classe. Originaires de Sicile, de Campanie, du Piémont, de Vénétie, c’étaient pour la plupart des hommes âgés de 16 à 30 ans, mais il y avait aussi des familles entières avec d’innombrables enfants : un parfait échantillon de la grande émigration italienne du début du XXe siècle.

Le Sirio n’était certes pas un transatlantique moderne, mais ce n’était pas non plus un vieux rafiot. Construit dans les chantiers de Glasgow, en Écosse, il naviguait depuis vingt-six ans et était pleinement opérationnel : l’un des experts appelés après la tragédie avait même dit que c’était un « vieux robuste ». À un détail près, fatal : l’équipement des moyens de sauvetage était insuffisant. Les dix chaloupes, les deux canots et la vingtaine de bouées de sauvetage en liège auraient permis de sauver quatre cents personnes tout au plus. Mais cette déficience n’avait en rien empêché d’obtenir l’autorisation de quitter le port accordée par le commissaire responsable de l’émigration. Une histoire que l’on connaît trop bien.

Gianpaolo Fissore

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