150 ans d’Italie

Imaginez un monde où il n’y a ni eau ni électricité dans les maisons (pour se laver, il faut aller chercher de l’eau au puits, et pour s’éclairer, se débrouiller avec des torches et des bougies). Un monde où la grande majorité de la population s’épuise à la tâche dans les champs, sans tracteurs ni faucheuses, et s’estime chanceuse si elle arrive à vivre jusqu’à l’âge de 30 ans (une simple pneumonie pouvant être fatale). Pour égayer au moins l’esprit, rien de tel que la musique. Radio et télévision n’existent pas encore, mais il y a le théâtre. On s’y rend à pied ou en cabriolet tiré par un cheval, mais on ne peut y entendre que des airs d’opéra ou de romance. Et si l’on a envie de parler avec des parents ou des amis vivant ailleurs, en l’absence du téléphone, écrire une lettre est le seul moyen de communiquer. À condition de savoir écrire, chose que moins d’un tiers des personnes sait faire. Et si le destinataire n’est pas de la même région, il se peut qu’il ait des difficultés à comprendre votre langue. On pourrait croire que c’est la description d’un pays du tiers-monde, et pourtant il s’agit de l’Italie d’il y a 150 ans, celle qui fut réunie – du moins formellement – sous la couronne des Savoie. Six générations à peine nous séparent de 1861, mais pendant ce bref laps de temps, l’Italie et ses habitants ont incroyablement changé. Pour s’en rendre compte, la revue italienne Focus Storia que j’ai l’honneur et la responsabilité de diriger, et la revue RADICI, vous proposent un dossier spécial. En le lisant, on se demande comment sera la vie en Italie dans 150 ans…

Marco Casareto, directeur du mensuel italien Focus Storia

 

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