Football et fraudes fiscales

Matches truqués, fraudes fiscales : c’est aussi de cette façon que l’Italie se dégrade, dans un monde sans valeurs.

L’enquête sur les matches truqués du Championnat italien des séries A et B se révèle être un cauchemar auquel il sera difficile d’échapper. Cette fois, pas de Mondial en perspective comme à Berlin, en 2006, pour que le cauchemar devienne un rêve. En lisant les chroniques de cette histoire (qui voit admissions de faute et confessions se répandre, jour après jour, comme une tache d’huile), on a la sensation d’assister à une comédie déjà vue, sordide et grotesque. Des champions déjà riches mais insatiables se laissent corrompre et font semblant de jouer. De vieilles gloires nationales, des chouchous du ballon, crachent sur la passion innocente d’innombrables supporters, salissant le plus beau jeu au monde (est-ce si vrai que ça ?). Discipline, sacrifice, victoire méritée remportée au prix de la sueur, solidarité entre camarades d’équipe et loyauté envers l’adversaire : tout cela a été réduit à néant par l’avidité de l’argent, unique idole dans un monde qui n’a plus de valeurs. Le commentaire du réalisateur Pupi Avati, publié dans le quotidien La Stampa, ne laisse pas indifférent : « Cet argent, à gagner coûte que coûte, est une toxine qui s’est répandue en Italie pendant ces dernières décennies. C’est le but et la finalité de l’existence de beaucoup. Et celui qui ne s’y soumet pas est regardé avec méfiance ».

Flavio Apriglianese

Bottone Radici

Dans le même numéro