L’exposition Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique qui devait se tenir au musée de l’Orangerie à partir du 1er avril, vous est ici présentée avec un parcours virtuel à partir d’une sélection d’une quinzaine d’oeuvres.
L’exposition a été conçue sous le commissariat général de Paolo Baldacci, historien d’art, avec Cécile Girardeau, conservatrice au musée de l’Orangerie et Annabelle Görgen-Lammers, conservatrice à la Hamburger Kunsthalle. Elle a été co-organisée par l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et la Kunsthalle de Hambourg.
Cette proposition virtuelle a été rendue possible grâce à l’aimable autorisation de la Fondazione Giorgio e Isa de Chirico.

Page officielle de l’événement

Giorgio de Chirico (1888-1978), artiste né en Grèce, issu d’une famille ottomane cosmopolite de nationalité italienne, conçoit une œuvre unique, étrange. Sa peinture singulière, qualifiée par le poète Guillaume Apollinaire de « métaphysique », a fortement marqué l’art moderne, de Picasso au surréalisme.
Chirico pose à travers ses tableaux la question du visible. L’esprit et le mystère du monde que les peuples antiques exprimaient par les mythes, ne résident pas, selon lui, dans un au-delà invisible, mais bien dans le monde tangible et matériel dont il s’attache à mettre en évidence les signes.
Profondément influencé par la pensée de Nietzsche dont il lit les écrits avec passion dès 1908, Ecce Homo, Ainsi parlait Zarathoustra. Il développe à partir de la notion d’ »éternel présent »– instant immobile à jamais suspendu entre les deux éternités du passé et du futur – une approche particulière de sa propre évolution, en marge des avant-gardes.
Formé à Munich, nourri de ses voyages et séjours à Florence, Turin et Milan, il séjourne à Paris, entre 1911 et 1915, et adopte alors de nombreux procédés formels de la scène artistique parisienne – Cézanne, Matisse, Picasso. Chirico crée alors un art profondément nouveau, fondé non pas sur l’apparence des objets, mais sur les significations potentielles et les associations d’idées que ces objets peuvent susciter. Il tend ainsi à introduire en peinture la radicalité poétique de Rimbaud, la révolution spéculative de Nietzsche.