La morale d’une escort-girl

Dans une interview retransmise par la RAI, télévision d’État italienne, une des escort-girls de la maison Berlusconi, Terry De Nicolò, dresse une liste des nouvelles valeurs de ces deux dernières décennies. Cette penseuse des temps modernes imposés par une culture sexiste et irrespectueuse des femmes nous enseigne avec une simplicité cristalline comment se comporter quand on a un beau corps. Ses affirmations en disent long sur l’état de santé moral de l’Italie et obligent à une réflexion approfondie.

Le plus fort de la réflexion de la néo-philosophe qui, malgré sa bonne volonté passera à l’histoire comme « Terry l’escort-girl », se situe au moment où elle déclare : « Si tu es belle et que tu veux te vendre, tu dois pouvoir le faire. La beauté a une valeur et doit être monnayée. Si tu es moche et que tu fais pitié, reste chez toi. Depuis que le monde est monde, c’est comme ça (…). Le système existe depuis de nombreuses d’années. À gauche, ils sont lourds et ils ne payent pas, lui (Berlusconi, ndr) par contre, c’est du grand style. » Sa révision des valeurs va de la beauté en vente – et « il faut savoir la vendre » – à l’honnêteté, dont elle ne vante pas les mérites, au contraire, celle-ci n’aide pas « à faire de grandes affaires ».
Il en découle deux idées : tout d’abord, si un homme puissant t’invite, va-y en courant. Ensuite, un rabatteur de femmes tel que Tarantini « est un mythe pour nous. » Notez bien le « pour nous » et le prestige dont jouirait cet intermédiaire. D’après « Terry l’escort-girl », le « nous » comprend et unit toutes les belles filles. Le « mythe » téléphone et elles accourent. Conclusion de néo-féministe : « Si tu es moche, reste chez toi. » Et elle le dit sans détours, en riant et sans éprouver le moindre embarras. « Terry l’escort » a tout l’air d’une personne persuadée de soutenir des thèses non isolées voire déplacées, mais évidentes, et, de toute façon, largement partagées. Les informations révélées ces dernières semaines et qui proviennent de l’univers qu’elle fréquente nous font hélas craindre qu’elle dispose de nombreuses preuves à l’appui…

Rocco Femia

Bottone Radici

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