La puissance d’un nouveau parti politique : le PAP

Des parlementaires très attachés à leur législature. Si Berlusconi tombe, ils perdent leur pension de retraite. 350 parlementaires n’ont pas encore accumulé le nombre d’années nécessaires pour avoir droit à une retraite, ils ne peuvent donc pas se permettre que les Chambres soient dissoutes… Voilà pourquoi le gouvernement italien ne tombera pas avant la fin de la législature.

Nous pouvons crier autant que nous le voulons et demander des élections anticipées, mais, aux aguets, dans le silence, il est un parti qui veut la stabilité du gouvernement, certainement pas pour des raisons politiques, mais plutôt par fidélité au dogme de la pension accordée au bout de seulement cinq années de législature. Par plaisanterie, on l’appelle le Pap, le Parti des Aspirants à la Pension. Il est composé de sénateurs et de députés de tous les partis et ils sont tous d’accord, à 100 %, sur leur programme qui ne comporte qu’un seul article : arriver à la fin de la législature, en 2013, pour avoir le nombre d’années nécessaires (5 ans à la Chambre et seulement 4 au Sénat) leur permettant de toucher une pension plus que confortable. Et dire que l’on s’entretue pour savoir s’il est juste de partir à la retraite après 35, 40 ou 45 années de cotisations. Il faut faire de la politique pour avoir une bonne pension et dormir tranquille pendant sa vieillesse, pas la peine de travailler dur toute la vie. Il y a de tout dans le Pap : parlementaires de droite et de gauche, tous prêts à recourir à tous les moyens, quitte à changer de parti. Il ne faut donc pas sous-estimer les parlementaires du Pap.
Que dit la loi sur la retraite des parlementaires ? Avant 2006, il était très facile pour un parlementaire d’obtenir une pension. Pendant longtemps, il suffisait juste d’avoir mis les pieds au Parlement, ne serait-ce qu’un jour, pour toucher une pension jusqu’à la fin de sa vie. Mais suite aux nombreuses protestations contre les privilèges de la caste, les conditions sont devenues un peu plus strictes. Mais c’est une façon de dire car, encore à la fin de l’année 2007, il suffisait de deux ans et demi de travail au Parlement pour avoir droit à la retraite, retraite que la majorité des mortels obtiennent au bout de trente-cinq ans de travail.

Flavio Apriglianese

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