D’après Federico Fellini, mise en scène de Marie Rémond.

Un projet qu’il disait être le plus important de sa vie et que lui-même a rendu mythique. Au sommet de sa gloire, alors qu’il vient de tourner Huit et demi et Juliette des esprits, il s’engage dans ce « thriller métaphysique ». Il y a de la Divine Comédie de Dante dans l’odyssée de Giuseppe Mastorna, violoncelliste de renommée internationale qui, victime d’un accident d’avion, se retrouve dans une sorte de ville-limbes, un au-delà baroque et cauchemardesque. Ne parvenant pas à prouver son identité, « il a perdu le sens le plus authentique de la vie », explique le réalisateur italien qui soumet son « double » à une série d’épreuves kafkaïennes.
Marie Rémond puise dans les multiples traces laissées par le réalisateur : son scénario-synopsis écrit en collaboration avec Dino Buzzati et Brunello Rondi, un documentaire réalisé sur le site des premiers essais, une bande dessinée faite avec le dessinateur Milo Manara. Comme dans son mémorable Comme une pierre qui… au Studio-Théâtre, en 2015, où elle interrogeait déjà l’acte de création mais à travers la figure de Bob Dylan, elle transforme le plateau du Théâtre du Vieux-Colombier en atelier d’artiste, tout à la fois espace intime, zone de discussions et de conflits, aire de jeu avec les acteurs. À l’intrigue incroyable du Voyage de G. Mastorna s’agrègent ainsi l’histoire d’un film aux coûts pharaoniques – le producteur Dino De Laurentiis assignera son ami cinéaste au remboursement –, et celles d’une œuvre maudite, d’un homme qui doute de la vie et de l’art, de son identification excessive à son personnage et à son acteur fétiche Marcello Mastroianni.

Théâtre du Vieux-Colombier (6e arr.)
www.comedie-francaise.fr
Jusqu’au 5 mai 2019