Libertà è partecipazione

55 % de participation. 95 % de OUI à l’abrogation des lois prévoyant la privatisation de l’eau, le retour au nucléaire et une exception judiciaire pour le président du Conseil et ses ministres. Un succès. Pour qui ? Pour les anti-Berlusconi ? Non, un succès pour une démocratie-malgré-tout. Pour une mobilisation qui a dû se dispenser des relais médiatiques aux mains du pouvoir exécutif. Pour des citoyens depuis longtemps dépossédés du pouvoir de choisir leurs représentants, imposés d’en haut par la direction de partis politiques vivant en autarcie. Pour un pays qui demeure envers et contre tout une somme complexe de vies d’hommes et de femmes, pas une caricature prévisible.
Le même pays qu’Éric Valmir nous raconte et nous aide à comprendre dans le livre Italie belle et impossible dont j’ai eu le plaisir de suivre la conception de près en tant que coordinateur éditorial. Un livre traversé de témoignages de gens très différents, au-delà des clivages politiques ou des classes sociales. Un livre qui ne prétend pas dire aux lecteurs ce qu’ils doivent penser même si bien souvent les faits sont ce qu’ils sont et parlent d’eux-mêmes et si la contribution d’analystes de renom peut nous inviter à adopter de nouveaux points de vue. Un livre comme une grande photo de famille, une photo qu’on nous aiderait à décrypter en nous expliquant qui est qui, qui a fait quoi. Sans pour autant nous dire qui l’on doit aimer ou détester. Un livre basé sur un vécu digéré et réélaboré. Un livre partecipato. Un livre pour nous faire participer, nous inviter à participer. Pour ne pas simplement faire semblant d’être libres.

Giorgio Gaber, que j’ai eu l’honneur d’évoquer récemment dans RADICI, et dont je vous invite à aller parcourir l’œuvre et la vie, nous le disait dès 1973 :
La libertà non è star sopra un albero
Non è neanche avere un’opinione
La libertà non è uno spazio libero
Libertà è partecipazione.

Tomas Nispola

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