Manifesto : Rencontres Photographiques de Toulouse

Manifesto Toulouse

Notre monde contemporain a décidément du mal à trouver son équilibre, entre la violence la plus extrême et la dégradation de notre planète qui semble inexorable. Le siècle précédent n’était pas moins violent. Pour preuve, le travail de notre invitée d’honneur, Letizia Battaglia, qui avec un courage et une détermination sans faille, a produit le plus poignant témoignage photographique sur la Mafia et la vie palermitaine du XXe siècle.
Pour accompagner cette exposition, Letizia Battaglia, Sylvie Hugues, Yvan Poulain et l’équipe ManifestO ont sélectionné, parmi 350 dossiers reçus, 12 lauréats que nous présentons cette année. Autant de regards affirmés sur le monde mais aussi sur l’intime.

Comme chaque année, le Grand Prix de l’ETPA en partenariat avec l’école de photographie de Toulouse et le laboratoire Photon, est exposé sur le site de ManifestO ainsi que dans la Galerie Photon.
Dans le cadre de FOCUS#, le Goethe Institut propose les travaux de Louisa Clement dans un container dédié à la jeune artiste allemande.
La ville de Tournefeuille accueille une série récente d’Aurore Valade, lauréate en 2006, de surprenants portraits mexicains.

De la diversité du regard aux regards sur le monde.

Jacques Sierpinski
directeur artistique du festival ManifestO

  • MANIFESTO / COURS DILLON
    site principal des expositions
    > Letizia Battaglia, lauréats 2016
    ouvert tous les jours de 13h à 20h
    nocturnes à 22h le samedi
    Du 16 septembre au 01 octobre 2016

Site officiel: http://www.festival-manifesto.org/fr


Letizia BattagliaA propos de Letizia Battaglia

Son nom résonne bien avant que l’on en apprenne plus : Letizia Battaglia. En parcourant les pages la concernant, j’ai appris que Letizia signifiait Bonheur. Le bonheur dans la bataille semble tellement coller au personnage, à cette femme qui a consacré sa vie à livrer bataille contre « l’onorata societa », autrement nommée la Mafia et ainsi, par la photographie, dénoncer et révéler au monde ses crimes, malgré la peur, l’angoisse qui fit partie de son quotidien.

C’est en tant que femme et photographe que son travail et son engagement ont laissé une empreinte durable sur la destinée d’une ville, Palerme, d’une île, la Sicile. Son engagement dépassera le seul fait de documenter la « pieuvre » pour son journal. Elle sera conseillère municipale, députée au parlement régional, fera voter des lois contre la main mise de la Mafia sur la ville de Palerme. Elle prolongera son action auprès des plus fragiles et des femmes, qui les premières se sont mobilisées pour rompre l’omerta.

Les photographies de Letizia Battaglia ont la force de la colère et la douceur de l’amour pour les Siciliens. Elles ne sont pas seulement des témoignages ; leur force graphique nous plonge dans un univers qui parfois semble irréel, mais pourtant si familier, si proche des gens. C’est là que réside le secret de Letizia, son empathie pour les autres, quels qu’ils soient, bons, brutes ou truands. Son approche reste la même et en ces temps si troublés, nous donne des raisons d’espérer.

Aujourd’hui encore Letizia Battaglia revisite ses photographies, dans de surprenantes compositions, comme un retour sur un passé douloureux, comme une ré-écriture du présent.

La photographie en témoignage de nos souffrances, de nos errances mais aussi de notre humanité.

Jacques Sierpinski
directeur artistique du festival

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