C’est le chef d’œuvre de Pirandello, le grand dramaturge italien prix Nobel de Littérature. Le défi pour « Le Monde est un Théâtre » est de présenter une version aussi conforme que possible aux intentions de l’auteur, et qui tienne le public en haleine de bout en bout. Le plateau relativement petit du théâtre Darius Milhaud nous y aide paradoxalement : il permet une concentration du public sur l’histoire qui est racontée… et qui est la suivante :
Un metteur en scène s’apprête à répéter une pièce avec ses comédiens. Entrent soudain dans la salle six personnages, toute une famille, qui paraissent en deuil. Ils se disent porteurs d’un drame et lâchés par leur auteur. Ils recherchent donc un auteur susceptible de finir d’écrire leur histoire et de la mettre en scène.
Le père et la mère ont été mariés et ils ont eu un fils, que le père a envoyé à la campagne pour lui éviter d’être élevé par la mère, qu’il juge trop primaire. La mère s’est enfuie avec un autre homme et elle a eu trois autres enfants. Le père a perdu leur trace. Un jour qu’il se rendait dans une maison de prostitution, il est tombé sur sa belle-fille qu’il n’a pas reconnue. Ainsi l’histoire se noue et ira de drame en drame, jusqu’à la fin tragique.
Cette trame dramatique permet à Pirandello de poser la question fondamentale du théâtre : qu’est-ce qui est le plus vrai, le plus véridique : le personnage, fixé pour l’éternité, ou l’acteur qui le joue, mais qui, avant et après, n’est qu’une personne comme une autre. Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est illusion ? L’essence même du théâtre réside dans ce questionnement.

Théâtre Darius Milhaud (19e arrr.)
www.theatredariusmilhaud.fr
du 1er au 17 février 2019