Patrie, famille et bordel

Plus que tolérée par le fascisme, le bordel épousa le mythe du mâle italien. Vie et secrets des maisons closes sous Mussolini.

Mot d’ordre : masculinité. En d’autres termes : deux orgasmes par jour. C’est ce que voulait le fascisme : les jeunes hommes en chemise noire – garants de la virilité italique – ne pouvaient pas se permettre de flemmarder sous les draps. Mais comment concilier ce rythme effréné avec la politique démographique du régime qui prévoyait des familles toujours plus nombreuses ? Les épouses dévouées, transformées en gardiennes du foyer, pouvaient-elles faire face à leur progéniture et aux exigences viriles de leurs intrépides époux ? Devant cette difficulté, le régime mussolinien lâcha du lest aux déjà tolérées bordels, réglementées par des lois sévères et fort rigides, mais toujours très fréquentées. Lieux de rencontres, d’échanges, d’exploitations, de plaisirs et de confidences. Des endroits imprégnés de machisme et de lourds parfums, parfois écoeurants, parfois raffinés, et qui, après l’expansion coloniale – quand la petite Italie se transforma en empire – devinrent exotiques, soulignés par les notes épicées de l’Afrique.

Giuliana Rotondi

Bottone Radici

Dans le même numéro

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *