Quand la liberté de la presse n’est pas subitement réduite à néant, mais lentement, et sans faire de bruit.
ROCCO FEMIA
Il est des attentats qui explosent et d’autres qui rongent. L’Italie en a récemment connu un, en octobre dernier, trop symbolique pour être classé comme un simple fait divers : avec une bombe placée sous la voiture de Sigfrido Ranucci, grande figure du journalisme d’investigation à la Rai et présentateur de l’une des émissions les plus dérangeantes de la télévision publique italienne, Report.
Un geste de la mafia ? Une intimidation du pouvoir ? Une vengeance privée ? L’enquête le dira. En attendant, un fait demeure : quand on attaque une personne qui mène des enquêtes, on n’attaque pas un homme, mais une frontière, celle qui sépare une démocratie et ce qui en est une imitation.
La bombe fait le bruit le plus fort, le reste se passe en sourdine : dans les salles d’audience, où les procès-bâillons contre les journalistes indésirables deviennent un outil tactique ; dans les couloirs du service public où les nominations de personnes proches du pouvoir remplacent les censures explicites ; dans les rédactions appauvries où les personnes qui prennent des risques ne sont qualifiées de « héros » que le jour d’après. Nous parlons ici du journalisme d’investigation, de cette minorité obstinée qui ne se contente pas de commenter les faits, mais qui les déniche, les vérifie et les expose, même si cela signifie rompre les équilibres et ne pas accumuler de likes sur les réseaux sociaux.
Ces journalistes ne sont pas nombreux. Ils ne font ni sujets sensationnels, ni défilés dans les talk-shows télévisés, ils travaillent sur des dossiers judiciaires, dans les banlieues, dans ces zones grises où affaires et politique se serrent la main. Ils ne racontent pas ce qu’il s’est passé dans la journée, ils cherchent ce que certains espéraient ne jamais voir afficher au grand jour., Ils sont souvent insuffisamment protégés et ont des rémunérations ne couvrant même pas les frais de carburant. Ce dossier leur est consacré. Nous ne parlons pas des journalistes en général, mais de ceux qui choisissent la vérité, même s’ils savent qu’elle ne garantit ni carrière ni capitale de sympathie, et qu’elle peut coûter cher.
LE CONTEXTE ITALIEN (SANS VOILES)
En Italie, l’enquête n’est pas censurée, on fait en sorte de l’épuiser. On l’affaiblit par le biais d’attaques devant la justice. Les interdictions ne sont même pas nécessaires, la faim suffit. De nombreux pigistes travaillent pour des cachets qui humilient le mot « travail », souvent sans contrat ni couverture juridique ; si une plainte est déposée, qu’elle soit fondée ou instrumentalisée, ces journalistes doivent payer eux-mêmes leur défense. Il ne s’agit plus de liberté de la presse, mais de sa survie.
Il faut dire que la responsabilité n’incombe pas aux gouvernements, mais aux éditeurs. C’est un système qui exige des enquêtes héroïques, mais qui ne paie que des sommes dignes du bénévolat, comme si la vérité était un passetemps.
Il y a ensuite les procès-bâillons dont nous parlions plus haut (en anglais, SLAPP pour strategic lawsuits against public participation, ou « poursuites stratégiques contre la mobilisation publique »). Ces poursuites ne visent pas à gagner, ni à obtenir justice, mais à faire peur. Des journalistes, des militants ou des médias sont dénoncés pour les faire taire avec des années de procès, des frais de justice et du temps pris sur le travail. En Italie, plus de 6 000 plaintes sont déposées chaque année, presque aucune ne se solde par une condamnation.
De son côté, le service public est de plus en plus un baromètre du pouvoir plutôt qu’un contrepoids : il suffit d’une nomination à la tête d’un journal télévisé, d’un déplacement de programme à une heure de faible audience ou d’un budget réduit au strict minimum. Et tout le monde agit ainsi, de droite à gauche, et vice versa. En effet, si la majorité gouvernementale change, la logique reste la même : celui qui commande nomme ses collaborateurs, et celui qui nomme, contrôle.
À cela s’ajoutent des chiffres qui devraient nous empêcher de dormir : d’après Reporters Sans Frontières, en 2025, l’Italie est 49e sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse, dans la zone grise des démocraties chancelantes (source : RSF, 2025). Des rapports indépendants rappellent l’ampleur du phénomène : depuis 2006, Ossigeno per l’Informazione a recensé plus de 7 000 journalistes menacés, et des centaines d’entre eux ont été victimes d’agressions entre 2024 et 2025 (source : Wired citant Ossigeno, 17 octobre 2025). Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, des vies.
L’Europe, la loi et l’air que nous respirons
L’Union européenne a été contrainte de renforcer par voie législative ce que la politique nationale délaisse souvent par habitude. Le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), entré en vigueur le 7 mai 2024, établit des règles communes en matière d’indépendance éditoriale, de transparence de la propriété des journaux, de protection des sources et de contrôle du service public. En d’autres termes, les gouvernants ne peuvent pas choisir les directeurs de chaînes, les lignes éditoriales ou les priorités de la télévision publique en fonction de la loyauté politique. Le service public appartient aux citoyens et non aux gouvernements en place (source : Commission européenne/EMFA, 2024).
En 2024, la directive contre les procès-bâillons (SLAPP) a également été adoptée. Concrètement, les juges peuvent mettre fin aux procédures abusives visant les journalistes et les militants (source : directive européenne anti-SLAPP, 2024). C’est un progrès, pas une garantie. En théorie, c’est une avancée historique, mais dans la pratique, c’est un examen à passer chaque jour, car les lois ne valent rien si les gouvernements d’un pays ne les appliquent pas et les considèrent comme de simples conseils, sans en partager l’esprit.
Et l’opinion compte autant que la législation. Nous l’avons vu en France, quand Mediapart a enquêté sur le présumé financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye : une partie de l’opinion publique n’a pas discuté des faits, mais a jugé ceux qui les révélaient. C’est pour le moins paradoxal, n’est-ce pas ?
Un ancien président de la République a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans l’affaire libyenne (appel en cours), et le débat s’est déplacé du fond vers le. crime de lèse-majesté institutionnelle, comme si la justice devait hésiter ou réfléchir à deux fois avant de condamner les puissants (source : AP/Reuters, septembre 2025).
En Amérique – et nous l’avons vu en direct dans le monde entier –, un président qui qualifie la presse d’« ennemie du peuple » ne critique pas les journaux, il sape la culture démocratique. C’est un message simple et dangereux : ne faites pas confiance à ceux qui vous informent, ne vous fiez qu’à moi.
Attention, encore une fois, il ne s’agit ici ni de gauche ni de droite, mais plutôt de comprendre comment, dans une démocratie, on accepte que la loi s’applique à tous, et que le journalisme qui document les faits est un service public, et non un sacrilège.
LA RESPONSABILITÉ DE LA POLITIQUE
À la lumière de tout cela, on voit clairement que le pouvoir ne craint pas le silence, mais qu’il le génère. Ce qu’il craint, ce sont les questions. Pour les éviter, il ne « fait pas taire », mais il sélectionne : il décide à qui parler, quand et comment. En Italie, depuis près de trois ans, la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, évite les conférences de presse réellement ouvertes aux questions des journalistes. Ce n’est pas un problème d’organisation, mais une conception du rapport à l’information. Le pouvoir préfère aujourd’hui la communication unidirectionnelle (réseaux sociaux, vidéos, annonces) où les questions imprévues n’existent tout simplement pas. Pourtant, la démocratie est un métier de dialogue : soit elle accepte les questions, soit elle cesse d’être elle-même.
Le phénomène n’est pas né ici. Aux États-Unis, nous avons entendu le mantra de « l’ennemi du peuple » ; en Europe, des gouvernements ont occupé les espaces d’information publique de manière scientifique, comme en Hongrie avec Orbán, où la télévision publique est devenue le porte-voix du gouvernement, ou encore en Pologne avec le PiS, qui a « normalisé » les rédactions, une nomination après l’autre. Les dérives ne commencent pas par la censure, mais par de petits écarts répétés jusqu’à ce que l’exception devienne la norme.
Bien sûr, l’Italie n’est pas semblable à ces pays, mais le critère n’est pas de dire « nous sommes meilleurs », mais de savoir ce que nous sommes en train de devenir.
Et maintenant ? Le véritable journalisme ne veut pas de martyrs, mais des conditions de travail satisfaisantes, des protections juridiques suffisantes et des délais éditoriaux pour les journalistes qui mènent des enquêtes. Il faut un véritable fonds national pour la défense dans les procès abusifs intentés sans fondement à des fins d’intimidation, il faut de la transparence dans les nominations au sein du service public, et une application loyale des directives européennes, telles que l’EMFA et l’anti-SLAPP.
Mais il faut aussi des lecteurs qui privilégient les faits aux opinions, et des citoyens qui ne confondent pas critique et trahison. En effet, lorsqu’un journaliste est réduit au silence, ce n’est pas sa liberté qui s’éteint, mais la nôtre.
Ces lignes ne sont pas un acte d’accusation, mais une invitation à la vigilance. La liberté de presse ne se mesure pas dans les moments d’urgence, mais au quotidien. Pas dans les bombes, mais dans les silences.
Pour comprendre ce que signifie travailler avec la vérité prise pour cible, non pas comme un slogan, mais comme une routine, écoutons ceux qui vivent chaque jour sur cette frontière.
À ce propos, vous trouverez à la suite de cet article une lecture critique du livre de l’avocate Caterina Malavenda (E io ti querelo. Una storia della libertà di espressione in dieci processi, Marsilio editori) qui ne raconte pas la liberté, mais en explique les rouages, les fragilités et surtout les devoirs. C’est ainsi que l’on défend une démocratie : non pas en applaudissant les journalistes lorsqu’ils tombent, mais en permettant à ceux qui résistent de travailler.
R.F.
JOURNALISTES ASSASSINÉS OU MENACÉS EN ITALIE
En Italie, la liberté de la presse a souvent été accompagnée par le bruit sec d’une bombe, le silence d’une menace anonyme, le pas lourd de la peur. Loin d’être un principe abstrait, c’est une liste de noms, de procès, d’escortes, de vies interrompues ou vécues sous la menace. Et ce n’est pas de l’histoire ancienne, il s’agit bien de notre l’actualité démocratique. Avec trop d’enterrements de civils. Cette liste n’est pas exhaustive, c’est un rappel civique. Chaque nom rappelle un fait simple : en Italie, rechercher la vérité n’a jamais été un exercice de style. C’était, et cela reste, un métier exposé. On ne commémore pas les journalistes lorsqu’ils tombent, on défend ceux qui restent debout.
AssassinÉs pour avoir racontÉ ce que l’on ne voulait pas savoir :
Peppino Impastato (1948-1978)
Radio Aut
Assassiné parce que voix irrévérencieuse contre Cosa Nostra.
Giuseppe Fava, dit « Pippo » (1925-1984)
I Siciliani
Assassiné à la suite de ses enquêtes sur les liens entre Cosa Nostra et entreprises.
Giancarlo Siani (1959-1985)
Il Mattino
Assassiné par la Camorra qu’il décrivait comme un système de pouvoir et non comme un folklore criminel.
Mauro Rostagno (1942-1988)
Giornale di Sicilia
Assassiné pour ses enquêtes sur les marchés publics, les pouvoirs opaques, la corruption et Cosa Nostra.
Giuseppe Alfano (1935-1993)
La Sicilia
Assassinée en raison de ses enquêtes sur les liens entre la franc-maçonnerie mafieuse et la politique locale.
journalistes qui continuent À exercer le mÉtier sous escorte :
Roberto Saviano
Il Corriere della Sera, L’Espresso, La Repubblica, Il Post, etc.
Sous protection policière depuis la publication de Gomorra en 2006.
Lirio Abbate
L’Espresso, La Repubblica
Sous protection depuis 2007 à la suite de ses enquêtes sur les mafias du Nord et les cols blancs.
Federica Angeli
La Repubblica
Sous escorte depuis 2013 pour avoir enquêté sur le clan Spada à Ostie.
Paolo Borrometi
AGI et La Spia
Sous escorte depuis 2014 après avoir dénoncé la mafia dans la région de Raguse.
Marilù Mastrogiovanni
Il Tacco d’Italia
Sous escorte depuis 2017 après ses enquêtes sur la Mafia des Pouilles et les marchés publics.
Floriana Bulfon
L’Espresso, La Repubblica, Rai
Sous escorte depuis 2019 après avoir enquêté sur la criminalité romaine.
REPRÉSENTANTS DE L’ÉTAT ASSASSINÉS :
Ce ne sont pas des journalistes, mais leur absence concerne ceux qui relatent les faits : sans justice, le journalisme n’est que du papier.
Préfet :
Carlo Alberto Dalla Chiesa (1920-1982)
Magistrats :
Rocco Chinnici (1925-1983)
Giovanni Falcone (1939-1992)
Paolo Borsellino (1940-1992)
DE LA PRESSE LIBRE À LA PRESSE CONTRÔLÉE
UN SIÈCLE DE LIBERTÉ SURVEILLÉE
AVANT LE FASCISME
LA PRESSE, CONSCIENCE CIVIQUE
À la fin du XIXᵉ siècle, l’Italie unifiée découvre un journalisme d’opinion. Des titres comme Il Corriere della Sera, La Stampa ou Il Messaggero accompagnent la construction du pays, mêlant patriotisme et libéralisme. Le journal devient instrument politique, mais aussi espace de débat intellectuel, souvent réservé aux élites.
SOUS LE FASCISME
1925-1943
LA VOIX UNIQUE DU RÉGIME
Mussolini, lui-même ancien journaliste, savait que contrôler la presse signifiait contrôler les consciences. Dès 1925, il impose les Lois fascistissimes : suppression des journaux d’opposition, censure préalable, arrestations de rédacteurs. La presse dépend directement du Minculpop, le ministère de la Culture populaire, chargé de « coordonner » toutes les informations. Les journalistes deviennent des fonctionnaires.
Les rares voix libres, comme L’Avanti! clandestin, Il Mondo ou Giustizia e Libertà, sont réduites au silence ou contraintes à l’exil.
L’APRÈS-GUERRE
1945-1960
RENAISSANCE ET ILLUSIONS
La Constitution de 1948 consacre la liberté de presse comme « inviolable ». Des journaux comme L’Unità (communiste), Il Popolo (démocrate-chrétien) ou Il Giorno (réformiste) incarnent le pluralisme. Mais la dépendance financière vis-à-vis des partis reste forte : on parle de « presse de parti ».
LES ANNÉES 1960-1980
LES VOIX INDÉPENDANTES
C’est la saison d’Enzo Biagi, Indro Montanelli, Eugenio Scalfari. Ce dernier fonde La Repubblica (1976), symbole d’un journalisme critique et d’enquête. Mais dans le même temps, la RAI (service public) devient le miroir de la politique avec la fameuse lottizzazione, c’est-à-dire le partage des chaînes et des rédactions selon les partis (DC, PSI, PCI). Le pluralisme existe, mais sous tutelle.
LES ANNÉES 1990
L’ÈRE BERLUSCONI
Avec la fusion entre affaires, télévision privée (Mediaset) et politique, la liberté de presse connaît un recul inédit. Un chef de gouvernement propriétaire de trois chaînes nationales incarne la confusion des pouvoirs. La loi Gasparri (du nom du député), censée limiter les monopoles, entérina au contraire la domination de ses chaînes privées. La RAI reste un enjeu de contrôle, et les journalistes indépendants sont mis à l’écart.
DEPUIS 2000
INTERNET, PRÉCARITÉ ET PRESSIONS NOUVELLES
Les rédactions se vident, les salaires s’effondrent, et la dépendance économique des médias vis-à-vis de la publicité ou du pouvoir politique s’accroît. Quelques îlots d’indépendance – Report sur la RAI, Il Fatto Quotidiano, Domani, Fanpage.it – maintiennent la tradition du journalisme d’enquête. Mais la logique reste celle de la « surveillance douce » : pas besoin de censure, il suffit de nommer, déplacer, ou affamer. Un siècle après le Minculpop, la tentation du contrôle n’a pas disparu, elle a simplement changé de forme.
LA VÉRITÉ DEVANT LES TRIBUNAUX
Comment le pouvoir italien utilise la loi pour étouffer l’information.
Une lecture critique du livre E io ti querelo, de l’avocate Caterina Malavenda.
PAR LA RÉDACTION
Cela peut arriver partout. Un journaliste publie une enquête sur un marché public suspect.
Le maire ne dément pas, ne répond pas, ne rectifie pas. Il se contente de le poursuivre en justice. Un geste pas démesuré, apparemment civilisé, mais dévastateur. L’information ne disparaît pas nécessairement des journaux, mais elle disparaît des agendas : personne n’a envie de passer cinq ans entre avocats, audiences, plaidoiries et frais de justice. Ainsi, la vérité s’évapore par lassitude.
C’est la nouvelle forme de censure : silencieuse, légale, voire élégante.
En Italie, nul besoin de mettre en place des régimes pour museler la presse, il suffit d’un avocat, d’un feuillet timbré et d’une accusation bien formulée. La liberté d’information devient alors un marathon judiciaire qui peut durer des années, même lorsque la vérité a déjà été établie.
L’avocate Caterina Malavenda le raconte avec une précision chirurgicale dans son livre E io ti querelo (édizione Marsilio, 2025), un texte qui se lit comme un rapport médical pour comprendre l’état de santé de la démocratie. « On n’a plus besoin de matraques pour intimider, les avocats suffisent », écrit-elle. Cette phrase résume tout : le pouvoir ne s’impose plus par la force, mais par la bureaucratie, la lenteur, la peur et le doute.
Le problème ne concerne pas les grands journaux, qui peuvent se permettre d’engager des avocats et d’intenter des recours, mais les journalistes qui travaillent sur le terrain, les chroniqueurs locaux, les pigistes et les rédactions indépendantes, qui se retrouvent seuls et paient le prix fort. Chaque plainte les isole, les appauvrit et les dissuade. Pendant ce temps, le pouvoir s’habitue à l’idée qu’un simple avertissement, et non une menace, suffit à faire taire la vérité.
L’attentat contre le journaliste Sigfrido Ranucci, en octobre dernier, a remis en lumière un problème que la politique n’a pas vraiment voulu affronter jusqu’à présent. Mais les choses bougent. Un projet de loi actuellement en discussion prévoit que, dans les procès pour diffamation intentés contre des journalistes ou des journaux, si le juge reconnaît la mauvaise foi ou la faute grave de la personne qui a porté plainte, celle-ci peut être condamnée à payer une somme au moins égale à un quart (certains proposent la moitié) de l’indemnisation demandée.
Concrètement, si un homme politique ou un entrepreneur cite un journaliste en justice et réclame 100 000 euros, mais que la plainte est rejetée comme étant abusive, c’est lui qui devra payer une amende de 25 000 ou 50 000 euros.
Une réforme modeste, mais potentiellement révolutionnaire. À condition qu’elle aboutisse. Elle ne changera pas tout, mais elle incitera beaucoup de gens à réfléchir à deux fois avant d’utiliser la justice comme un bâillon. En effet, lorsque le droit cesse de punir la vérité et recommence à punir la mauvaise foi, il n’est plus une arme, il redevient ce qu’il devrait être : une défense de la liberté de tous.
Rocco Femia, éditeur et journaliste, a fait des études de droit en Italie puis s’est installé en France où il vit depuis 30 ans.
En 2002 a fondé le magazine RADICI qui continue de diriger.
Il a à son actif plusieurs publications et de nombreuses collaborations avec des journaux italiens et français.
Livres écrits : A cœur ouvert (1994 Nouvelle Cité éditions) Cette Italie qui m'en chante (collectif - 2005 EDITALIE ) Au cœur des racines et des hommes (collectif - 2007 EDITALIE). ITALIENS 150 ans d'émigration en France et ailleurs - 2011 EDITALIE). ITALIENS, quand les émigrés c'était nous (collectif 2013 - Mediabook livre+CD).
Il est aussi producteur de nombreux spectacles de musiques et de théâtre.







