« Povera patria! Schiacciata dagli abusi del potere
di gente infame, che non sa cos’è il pudore,
si credono potenti e gli va bene quello che fanno;
e tutto gli appartiene. »

Ainsi chantait Franco Battiato, dans l’une de ses célèbres chansons contestataires, terriblement actuelle. Au vu de l’énième scandale perpétré par des politiques qui volent de l’argent public, on a la nausée. Présidents de région et conseillers municipaux qui, sans vergogne, cherchent à démontrer l’indémontrable dans une indécence qui ne connaît désormais plus de limites. Così fan tutti. « Ils le font tous », « je n’en savais rien » ou bien, de manière plus élégante, à la demande qui leur est faite de présenter les factures : « Nous ne montrons rien, ne nous emmerdez pas ! » Désormais, les cas d’abus de pouvoir et le fait de se servir à pleines mains dans les caisses de l’État sont devenus le sport national préféré de notre classe dirigeante.
Mais venons-en aux faits. À la mi-septembre, dans la Région Lazio, éclate le cas Fiorito, un conseiller régional, ancien chef de groupe du Pdl (Popolo della libertà, parti politique de Berlusconi, ndr), surpris à gaspiller pour son usage personnel et celui d’autres de ses collègues, plusieurs millions d’euros provenant de son parti. La présidente de la Région Lazio, Renata Polverini, n’en savait rien. Elle est profondément choquée d’apprendre, par voie de presse, que l’un de ses conseillers dépensait à tort et à travers des millions d’euros versés par les contribuables, en dîners, prostituées et achats de demeures destinés à son usage et plaisir personnels. Elle n’en savait rien ?
Mais dans quel pays sommes-nous ?

Rocco Femia