Il est des lieux dont on pense tout connaître (ou presque), des panoramas singuliers que nous avons toujours sous les yeux et qui, justement en raison de cette habitude, peuvent risquer de perdre leur antique splendeur. Venise est l’un d’eux. Parmi les cartes postales de la belle Italie, elle occupe toujours l’une des premières places. Témoin privilégié de toute l’histoire de la Sérénissime, le Pont du Rialto. C’est pourquoi, dans ce numéro, nous avons demandé à ce témoin tout à fait singulier de nous la raconter.
Un numéro, vous pourrez le constater, riche et varié. Vous trouverez un article sur la langue italienne et l’utilisation exagérée de l’anglais qui fait perdre sa richesse à notre idiome. Un numéro où il est question d’histoire et de curiosités comme l’aventure américaine du Chaplin italien, Vincenzo Pelliccione. Mais aussi d’art avec les mystères qui ont accompagné le Caravage. Et nous ne pouvions pas ne pas rendre hommage à la pizza, récemment propulsée en haut de l’affiche en raison de son inscription par l’Unesco au « Patrimoine immatériel de l’humanité ».
Di tutto, ma anche di più. Et surtout, une nouvelle rubrique, à propos de l’utilisation de la langue italienne. Un immense merci à son auteure, Mariangela Galatea Vaglio, qui a accepté de partager avec nous sa passion pour la langue italienne. RADICI souhaite, avec cette rubrique, proposer quelques conseils basiques. Pas de cours d’italien, mais quelques règles, souvent oubliées : « pillole di grammatica » justement, pour sauver notre langue maltraitée. Croyez-moi, ces prochains mois, vous serez en bonne compagnie.
Et comme toujours, l’actualité, en lien avec les élections du 4 mars, pour renouveler le Parlement. Depuis que je m’intéresse à la politique, comme électeur ou comme commentateur, je ne me souviens pas d’une seule période en Italie, pays où tout le monde est chef ou sous-chef, où nous n’avons pas été en campagne électorale. Nous vous proposons aussi, dans ce numéro, une interview du ministre sortant du Développement économique, Carlo Calenda. Elle nous a plu parce qu’elle est inhabituelle. Le ministre s’y raconte, évoquant sa vocation politique, son adolescence dissipée et sa famille encombrante, sa mère la réalisatrice Cristina Comencini, son grand-père le cinéaste Luigi Comencini. Lui- même se rappelle sa participation, enfant, à la célèbre série Cuore réalisée par son grand-père.
Un numéro diversifié pour vous montrer une Italie entre ombre et lumière, avec ses merveilles artistiques, sa beauté et une société qui cherche sa voie, une voie compliquée et difficile à parcourir, surtout en politique.
L’Italie est comme ça, depuis toujours. Alors, vive l’Italie, avec ses beautés et ses turpitudes.

Rocco Femia, directeur de Radici