Chers lecteurs, notre engagement à rappeler les racines de la diaspora italienne dans le monde n’est pas nouveau. Nous y avons consacré un livre qui est aujourd’hui devenu une référence pour tous ceux qui souhaitent connaître cette histoire. Nous avons également produit un spectacle musical et théâtral sur ce thème. Si aujourd’hui, en 2020, nous revenons sur les traces de nos migrants, c’est simplement parce que nous nous rendons compte que c’est terriblement nécessaire. Qu’il est nécessaire de rappeler aux si nombreux écervelés d’aujourd’hui, aux faux patriotes qui ne voient que « prima e solo gli Italiani », que si les Italiens n’étaient pas allés chercher fortune à l’étranger, partout ou presque, l’Italie ne serait pas aujourd’hui un pays développé et moderne. Et que les Italiens d’aujourd’hui doivent beaucoup à leurs aînés qui, ne mangeant que pain et misère aux quatre coins du monde, ont contribué à la richesse de la Péninsule.

Une encyclopédie n’y suffirait pas. Ils se comptent en milliers les héros, petits et grands, et les simples citoyens, qui ont fait l’univers de l’émigration italienne. Petits et grands qui, en un siècle – entre 1876, quand on commença à compter ceux qui partaient, et 1976 quand le nombre des arrivées en Italie finit par dépasser celui des départs –, ont été 23 millions à quitter le pays. Environ l’équivalent de la population italienne en 1861, au moment de l’Unification.

Rocco Femia