Ettore Scola: « Un pays tombé entre les mains de filous et d’arrivistes »

Pour lui, ce sont tout simplement Bruno et Roberto [Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant, dans le film Il Sorpasso (Le Fanfaron de Nino Risi, ndr). Ce ne sont pas des personnages de films. Non, il les traite comme des symboles. Comme quelque chose qu’il avait vu, dont il avait eu l’intuition. Au fils du temps, ils se sont d’abord modelés, puis définis. Le réalisateur se souvient de chaque instant, de chaque image, de chaque réplique. « Même si je n’aime pas revoir les pellicules que j’ai tournées ou pour lesquelles j’ai travaillé. Parce que les films doivent être vécus au cinéma, pas sur de petits écrans. » Ettore Scola vient de fêter ses 81 ans. Parmi ses films, on peut citer : Un Americano a Roma, I Mostri, C’eravamo tanto amati, Una giornata particolare, La Famiglia). Quand il reçoit un invité, la première chose qu’il fait, c’est de renverser les rôles : c’est lui qui « interviewe » celui qui est en face de lui. Il veut savoir, comprendre. Parc que depuis toujours, il écoute, il synthétise, et ensuite il traduit, d’abord avec des mots, puis avec des images.

Propos recueillis par Alessandro Ferrucci

Bottone Radici

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