La vie et l’œuvre tourmentées de Caravage

Plus de quatre siècles après sa disparition, la science tente de faire la lumière sur la vie d’un génie de la palette au tempérament bagarreur : Le Caravage. Partons à la découverte de l’un des peintres italiens les plus controversés de tous les temps.

 Il y a moins de cinquante ans, Michelangelo Merisi, surnommé Le Caravage, flânait dans les rues de Rome à bord d’une fourgonnette, à l’air libre, comme si de rien n’était. Il ne s’agissait pas, bien sûr, du peintre en personne, mais de l’un de ses tableaux les plus célèbres, Le Martyre de Saint Matthieu, réalisé en 1600 pour la chapelle Contarelli de l’église romaine de Saint Louis des Français. Après avoir affronté la circulation du centre de Rome, la fourgonnette atteignit les laboratoires de l’Institut central de la restauration et le tableau fut passé au crible des rayons X, qui révélèrent d’importants « repentirs » de l’artiste lombard. Aujourd’hui, une scène du genre ne pourrait avoir lieu. Les œuvres de l’artiste, dont au moins une quarantaine lui sont attribuées avec certitude, ont désormais une valeur inestimable.

Redécouvert

Le Caravage est devenu, ou mieux, est redevenu, une star absolue du firmament pictural mondial, après le long silence qui l’entoura, du XVIIIe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle.

De nos jours, la passion populaire pour cet homme condamné à fuir, d’abord lui-même et ses forfanteries, et ensuite la justice, qui gagnait bien sa vie grâce à son art, mais ne vivait pas dans l’aisance et aimait la compagnie des déshérités, a atteint des sommets de fanatisme. Les publicitaires disent de lui qu’il est une marque à succès, et l’historien de l’art Philip Sohm, de l’Université de Toronto, l’a élu « artiste italien le plus suivi et le plus étudié de l’Histoire ». Titre arraché, excusez du peu, à Michelangelo Buonarroti.

Marco Merola

Bottone Radici

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