Comme toujours, en Italie, quel que soit le sujet, on s’enflamme comme s’il l’on était au stade, c’est la guerre entre guelfes et gibelins : le conflit sert à se mesurer aux autres, et derechef on assiste à cette satanée polémique de café du commerce qui fait perdre du temps et rend tout ce monde nerveux. Pendant ce temps, le pays ne progresse pas, pire, il recule.
Un ami expert en toxicomanie m’a récemment expliqué que la drogue empêche de grandir : quand on se drogue pendant un jour, c’est comme si le cerveau s’arrêtait, voire régressait. En l’écoutant, j’ai pensé à l’information, à la politique et à ce qu’elles sont devenues. Deux modes d’expression drogués par le vice de la polémique, par les factions qui ne raisonnent pas, qui pensent que tout est soit blanc, soit noir. Il est évident que le résultat est toujours le même : on n’avance jamais, on piétine, pis encore, on fait marche arrière.
Deux exemples nous le prouvent sans équivoque. Le premier concerne ce qui est arrivé au directeur artistique du Festival de Sanremo, l’immense artiste Claudio Baglioni. En répondant à un journaliste qui lui demandait son avis sur la tragédie italienne actuelle, qui dure depuis des mois, des navires bloqués des semaines entières en mer, le chanteur avait donné une réponse pleine de bon sens : « On ne peut pas penser que l’on va résoudre le problème de millions de personnes qui migrent en évitant le débarquement de quarante personnes ou en disant : tu en prends deux et moi cinq. »

Rocco Femia