Maria Messina

SEVERA

Trad. Marguerite Pozzoli
Cambourakis | 100 p. | 10 €

Myriam et Severa, deux sœurs de condition modeste, vivent leur jeunesse dans une bourgade des environs de Bologne, au début du XXe siècle. Tandis que Myriam compose avec son sort, Severa refuse la médiocrité qui leur est assignée et perce dans l’univers de la mode. Une réussite sociale gagnée au prix de nombreux renoncements. L’autrice nous plonge dans la lutte quotidienne qui est le lot des femmes qui prennent leur destin en main. Centrés sur la Sicile des petites gens, ses récits étaient très appréciés de son vivant et ont été redécouverts par Leonardo Sciascia.

Viola Ardone

LE TRAIN DES ENFANTS

Trad. Laura Brignon
Albin Michel | 304 p. | 19,90 €

Après la Seconde Guerre mondiale, à l’initiative du Parti Communiste, des milliers de petits napolitains vivant dans la misère, sont accueillis, pour reprendre des forces, par des familles du Nord de l’Italie. Ainsi, en 1946, Amerigo vit seul avec sa mère Antonietta, dans un basso napolitain. Cette dernière accepte de laisser partir son fils, de le laisser monter dans ce train des enfants, pour lui assurer un avenir meilleur. Envoyé dans la région de Bologne, Amerigo découvre une nouvelle vie et, déchiré entre ses deux familles, il devra choisir sa voie.

Erri de Luca

ALLER SIMPLE

Trad. Danièle Valin
Gallimard | 320 p. | 9,50 €

Ce volume reprend les poèmes d’Aller simple (Du monde entier), suivi de L’hôte impénitent dans son intégralité, et donne aussi à lire des poèmes inédits choisis par l’écrivain pour cette édition. Si Aller simple évoque d’abord l’épopée tragique des migrants qui tentent de rejoindre le sol italien et le destin des êtres désespérés qui affrontent la violence de la mer et de l’indifférence, on y lira bien plus qu’un plaidoyer militant. La poésie de De Luca trouve aussi son propos dans l’évocation de la guerre, de l’amour, de la liberté perdue, de la terre d’Italie et n’exclut pas l’expression heureuse de l’existence dans sa sensualité.

Gianni Rodari

LE LIVRE DES ERREURS

Illustrations par Bruno Munari
Trad. Jean-Paul Manganaro
Ypsilon | 148 p. | 20 €

Livre emblématique de l’auteur culte Gianni Rodari, paru en 1964, ce recueil de textes courts – comptines, fables et poèmes – n’a jamais été traduit de l’italien. Truffé de jeux de mots dans sa version originale, voici la première traduction en français avec la complicité de Jean-Paul Manganaro qui a su transporter la Botte dans l’Hexagone en recréant la langue de Rodari en français. Ce livre nous emmène dans un univers linguistique désordonné mais composé, déréglé mais logique, effréné mais non sans but, déchainé avec raison.

Sous la direction de Éric Lehmann

ALLIÉES ET RIVALES. L’ITALIE ET LA FRANCE DANS LA GRANDE GUERRE

UGA | 248 p. | 24 €

Fraternité d’armes ou mésentente cordiale ? L’alliance franco-italienne dans la Première Guerre mondiale offre encore des aspects peu connus du grand public, tout particulièrement en ce qui concerne la coordination de l’effort de guerre et l’efficacité opérationnelle des appareils militaires des deux puissances latines de l’Entente. Ces questions sont abordées ici par des spécialistes italiens et français dans une perspective large et dynamique, des antécédents du conflit à ses conséquences (culturelles, sociales, géopolitiques) dans les deux pays.

Collectif

MARSEILLE L’ITALIENNE

Arnaud Bizalion | 208 p. | 29,50 €

Porte d’entrée de la France, Marseille développe naturellement depuis le Moyen Âge des liens étroits avec la péninsule italienne. C’est cette relation passionnelle, faite d’échanges commerciaux et artistiques, d’influences politiques et surtout d’histoires personnelles, qui est ici racontée. Au-delà du cliché de l’immigré italien, vecteur de tous les fantasmes, se révèle la réalité quotidienne d’une présence italienne de longue date, posant la question d’une « italianité » marseillaise spécifique.