Romancier, nouvelliste, biographe et dramaturge, Vincent Engel est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux auteurs en Belgique francophone. Il a pris sa plume pour la revue RADICI.

«L’art, c’est la distance que le temps donne à la souffrance », écrit Camus. Sans doute y a-t-il peu de régions dans le monde qui illustrent mieux cette idée que la Toscane. Dans mon roman Retour à Montechiarro, un photographe belge, Sébastien Morgan, rencontre Agnese Della Rocca dans ce village imaginaire à l’orthographe volontairement estropiée. Nous sommes dans les années 1930 et le Belge s’enthousiasme : « La Toscane, Agnese ! Quelle féminité faite de blessures, de douceur cerclée d’épreuves… Durant des siècles, des hommes y ont bâti des citadelles, des forteresses, s’y sont livrés des guerres sans merci ; depuis plus longtemps encore, des paysans en ont fait le jardin le plus splendide, d’une simplicité telle qu’on la croirait naturelle. La guerre y a perdu la bataille ; tout ici n’est plus que paix… »
Et c’est vrai…