Un numéro d’été kaleidoscopique : culture, histoire, paysages merveilleux, musique et art. L’Italie dans ce qu’elle a certainement de meilleur et que le monde nous envie. L’Italie pour le meilleur mais pas seulement. Car nous parlons aussi dans ce numéro de politique – en quelques pages.
Eh oui, ce pays que nous aimons tant n’est certainement pas une excellence quand il s’agit de son aptitude à penser le Bien commun. La campagne électorale est terminée, mais dans le pays aux mille clochers elle ne se termine jamais vraiment, et les joutes entre les innombrables don Camillo et Peppone se poursuivent sur fond d’un pays fatigué et en grandes difficultés économiques qui, à la différence des personnages de Giovannino Guareschi, ne trouve pas son unité face au Bien commun. De ce point de vue, le remarquable Primo Piano de l’économiste Luigino Bruni, nous rappelle que si nous le voulons, nous pouvons encore aspirer au bonheur.
Il est donc préférable, sans doute, de chercher à satisfaire notre soif de connaissances culturelles. La politique peut attendre, même si c’est d’elle au fond que dépendent toutes les belles choses dont l’Italie abonde.
L’itinéraire de ce numéro est consacré à deux provinces qui cherchent à sortir de l’anonymat, si l’on peut dire, vu qu’il s’agit de villes culturellement riches comme Crémone et Agrigente. Deux provinces parmi tant d’autres que nous aimons particulièrement. Une Italie en dehors des sentiers battus des grandes destinations, qui mérite d’être connue et appréciée. Nous nous emploierons à vous la faire découvrir au fil des prochains numéros.
En attendant, nous poursuivons avec notre série d’anniversaires qui marquent cette année 2018.
1978 : année terrible. Celle de deux personnages publics qui ont fait l’histoire de notre pays. Deux parcours de haute volée morale, avec une issue dramatique pour le premier, plus heureuse pour le second. Il s’agit de l’anniversaire de la mort d’Aldo Moro, assassiné en mai 1978 par les Brigades rouges, et de l’élection à la présidence de la République de Sandro Pertini, certainement le Président le plus aimé des Italiens. À notre époque, si avare en figures d’envergure, il ne fait pas de mal de reparcourir la vie de ces deux personnalités singulières qui ont marqué l’histoire du pays.
Toujours à propos d’excellences, Biagio Picardi nous présente, dans une interview pour RADICI, la directrice d’orchestre Beatrice Venezi. Vingt-huit ans et déjà une belle carrière internationale.
Puis la rencontre avec Mimmo Cuticchio, infatigable voyageur et conteur d’un art tout sicilien mais également patrimoine immatériel de l’humanité : les pupi siciliens. Des marionnettes qui ont fait l’histoire, mais surtout qui ont su et savent encore la raconter. Mimmo Cuticchio sera en tournée cet été en Navarre, une occasion unique pour découvrir la sensibilité et le visage de cette tradition unique.
Enfin, avant de vous laisser découvrir la rubrique gastronomique, voici un personnage qui enrichit notre numéro : Ettore Castiglioni. Inconnu du plus grand nombre, mais dont l’histoire, comme celle de tant de Justes parmi les nations qui ont sillonné notre terre, rayonne pour avoir sauvé de nombreux juifs de l’extermination. L’histoire du « partigiano delle nevi », comme on l’appelait. Ses montagnes des Dolomites n’étaient plus grâce à lui des pics infranchissables mais des sentiers de paix et de liberté.
Nous vous souhaitons une bonne lecture et un été serein. Rendez-vous à l’automne, avec un nouveau numéro qui, nous l’espérons, vous surprendra.

Rocco Femia, directeur de RADICI