En cette année 2016, la République italienne fête ses soixante-dix ans. Pourtant à sa naissance, il n’était pas écrit qu’elle atteindrait cet âge vénérable. 

Les Italiens et les Italiennes sont appelés à se prononcer le 2 juin 1946 par référendum sur les institutions et à élire une Assemblée constituante. Les partis sont divisés. Le Parti libéral se prononce pour la monarchie comme bien évidemment les monarchistes qui espèrent bénéficier de l’abdication surprise du roi Victor-Emmanuel, le 9 mai, en faveur de son fils Humbert. La Démocratie chrétienne est divisée sur le sujet et même si la majorité de ses membres se montre favorable à la République, elle décide de ne pas donner de consigne de vote de peur de froisser une partie de son électorat modéré (elle est arrivée en tête aux élections municipales partielles des mois de mars et d’avril) et pour ne pas heurter non plus l’église catholique. Les autres partis, et notamment ceux de gauche, socialiste et communiste, se mobilisent en faveur de la République, tout comme de nombreux intellectuels, écrivains, artistes, professeurs venus de tous horizons. à l’issue d’une campagne qui se déroule sans incident majeur, le jour du vote est marqué par une participation massive, avec plus de 89 % d’électeurs qui se sont rendus aux urnes. La victoire de la République apparaît presque certaine dès le 5 juin mais le résultat officiel se fait attendre car il faut vérifier les bulletins tandis que les monarchistes déposent un recours administratif. à partir du 11 juin, des manifestations en faveur de la royauté s’organisent et dégénèrent dans le Mezzogiorno, comme à Naples où dix militants communistes sont tués lors de l’attaque de l’un des sièges de leur parti.

Marc Lazar

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