L’interdépendance et la complexité des problèmes éloignent toujours plus les classes dirigeantes du Vieux continent de leurs peuples respectifs. Trouver la voie entre nouvelles inégalités, antipolitique et mondialisation est désormais une question de survie.

Qui sait pourquoi l’Italie est parfois vue, surtout en France, comme une sorte de laboratoire social et politique. Une image dont je n’ai jamais compris si elle servait à souligner sa capacité à réinventer le futur ou bien si elle était une manière de s’en tenir à distance. Mais le fait est que ce qui se produit en Italie est souvent amplifié par les observateurs étrangers. La politique de Matteo Renzi en est un exemple. Déconcertant au début de son mandat avec sa célèbre rottamazione [rottamare signifie envoyer à la casse, faire disparaître, ndr], et tout aussi décevant ensuite dans sa façon de reproduire les mêmes comportements que cette classe politique qu’il prétendait envoyer aux oubliettes.

Ce n’est plus tant la manière dont Renzi a pris le pouvoir qui surprend, par ailleurs discutable puisqu’il n’est pas passé par des élections populaires. À la vérité, cela fait maintenant des années que les Italiens se retrouvent avec des Premiers ministres choisis directement par le président de la République plutôt que par le suffrage populaire. Or, rappelons, si besoin est, que l’Italie est une République parlementaire et non pas présidentielle, et que c’est donc au peuple que revient en principe le choix de son Premier ministre. Mais on a l’impression qu’aujourd’hui, demander son avis au peuple est devenu trop risqué.

Rocco Femia

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