Il existe une réponse compréhensible à la question que, je crois, nous sommes nombreux à nous poser : à quel titre Berlusconi est-il en train de rôder autour du Parlement et du Conseil de l’Europe en déclarant qu’il se porte garant pour le prochain bon gouvernement de l’Italie ?

Vous vous souvenez de ce 26 janvier 1994 ? Ce jour-là, Berlusconi et ses amis annoncent leur décision d’entrer en politique en présentant un nouveau parti : Forza Italia. Imaginez un instant un extraterrestre qui, par malchance, tombe sur la Terre en 1994. Il pense alors immédiatement : « Eh bien les pauvres, ils sont dans de beaux draps ! ». Deux ans auparavant, en 1992 et 1993, avait déjà eu lieu en Italie l’une des crises politiques les plus graves de l’après-guerre, conséquence du scandale de Tangentopoli et de l’enquête judiciaire qui lui était associée (l’opération Mains propres).
Ces faits de corruption gravissimes avaient conduit à la perte d’adhésion aux partis traditionnels qui, jusqu’alors, avaient exercé un rôle prédominant dans la politique italienne au point que l’on arriva à parler de passage de la Première à la Seconde République.
Berlusconi qui, en matière de ruse et d’opportunisme politique, n’a jamais été dupe, comprend qu’il doit convaincre les électeurs de l’ancien pentapartisme, laissés dans un état de trouble et de confusion à la suite des scandales révélés par les enquêtes de l’opération Mains propres, que Forza Italia allait leur offrir à la fois de la nouveauté et la poursuite des politiques occidentales de libre marché suivies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Rocco Femia