RADICI nous emmène cet hiver au pied des Alpes, à Turin. Tous ne savent sans doute pas qu’en plus d’être une ville magnifique, Turin possède plusieurs visages. Son architecture majestueuse rappelle qu’elle a été, entre 1861 et 1865, la première capitale du Royaume d’Italie, et elle abrite quantité de palais et de jardins. Elle possède le réseau de portiques le plus vaste d’Europe après Bologne, environ 18 km, sans parler du Museo Egizio, justement issu de cet héritage royal. Turin est également ville de cinéma : c’est là qu’en 1896 eut lieu la première projection cinématographique d’Italie et, à partir de 1934, les premières études et les premiers essais expérimentaux de diffusion télévisuelle, qu’accueillait déjà le Centre direction de l’Eiar, l’Ente Italiano per le Audizioni Radiofoniche, devenu par la suite la RAI. Au pied de la Mole Antonelliana, autre édifice remarquable et siège, justement, du musée du cinéma qui n’a rien à envier aux plus prestigieux, se trouve le vaste et ancien marché aux quatre vents de Porta Palazzo. Lieu d’échanges et de mélanges, il est une nouvelle preuve que tradition et modernité sont complémentaires dans cette métropole du Nord, où nous emmène Biagio Picardi déguster, pour commencer, un délicieux chocolat chaud – oui, Turin est aussi la ville du chocolat.

En 2021, ils ont tout remporté et rien ne semble pouvoir les arrêter : après le festival de Sanremo, l’Eurovision, les MTV European Music Awards, et après avoir assuré la première partie du concert des Rolling Stones à Las Vegas, ils incarnent désormais le phénomène musical italien du moment : les Måneskin, bien sûr, dont la musique, mais plus encore l’engagement sur scène et en dehors, ont fait un exemple pour les jeunes générations. Lorenzo Tosa nous les fait découvrir entre fiction et réalité.

Deux-cents ans ont passé depuis sa publication mais le roman I Promessi sposi (Les Fiancés) d’Alessandro Manzoni, œuvre principale du romantisme italien, n’a pas pris une ride. Les différentes versions du manuscrit ont en outre accéléré le processus d’unification linguistique de l’Italie qui, rappelons-le n’était pas encore unifiée. Une raison supplémentaire de lire ce chef-d’œuvre de la littérature italienne que Francesca Vinciguerra nous présente à l’aide de nombreux exemples et curiosités.

Il y a un siècle, l’Italie finissait aux mains des fascistes tandis que Gabriele D’Annunzio, à l’initiative d’entreprises belliqueuses aussi velléitaires qu’éclatantes, s’auto-confinait dans sa luxueuse demeure du Vittoriale, la splendide villa sur le lac de Garde où il allait finir ses jours. Lidia De Simone nous raconte la vie de ce poète et son rapport avec le régime fasciste.

En librairie, sur Netflix, dans les musées. Zerocalcare, de son vrai nom Michele Rech, est partout. Vito Tartamella nous présente cet auteur de bande dessinée irrévérencieux et ironique, le plus influent de sa génération, l’une des rares plumes qui parviennent à raconter la complexité de l’Italie d’aujourd’hui.

Avec ce numéro, nous reprenons aussi le fil, jamais interrompu en vérité, de l’histoire de l’émigration italienne en France. Eric Vial nous rappelle que ceux qui espéraient une vie meilleure n’étaient pas les seuls à venir en France ; ils étaient accompagnés des idéalistes, des patriotes, des démocrates, qui se sont battus pour la liberté. L’émigration politique de l’entre-deux-guerres appartient à l’histoire des deux pays : celle la France, et plus encore, de l’Italie. Sans oublier que ces migrants un peu particuliers n’étaient souvent pas très différents de leurs compatriotes anonymes, paysans originaires de la région de Venise, du Frioul, ou mineurs siciliens.

Enfin nous concluons avec ce numéro l’hommage rendu à Giuseppe Verdi à l’occasion des 120 ans de sa disparition. Après Aïda et Nabucco, Pierre Cadars nous présente la célèbre Traviata, œuvre emblématique s’il en est du compositeur originaire de Busseto près de Parme. Nous poursuivrons dans les prochains numéros notre cycle sur l’opéra avec de nouvelles œuvres et de nouveaux compositeurs italiens.

Cari lettori, non ci resta che augurarvi un felice anno nuovo!

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Rocco Femia, éditeur et journaliste, a fait des études de droit en Italie puis s’est installé en France où il vit depuis 30 ans.
En 2002 a fondé le magazine RADICI qui continue de diriger.
Il a à son actif plusieurs publications et de nombreuses collaborations avec des journaux italiens et français.
Livres écrits : A cœur ouvert (1994 Nouvelle Cité éditions) Cette Italie qui m'en chante (collectif - 2005 EDITALIE ) Au cœur des racines et des hommes (collectif - 2007 EDITALIE). ITALIENS 150 ans d'émigration en France et ailleurs - 2011 EDITALIE). ITALIENS, quand les émigrés c'était nous (collectif 2013 - Mediabook livre+CD).
Il est aussi producteur de nombreux spectacles de musiques et de théâtre.