Il est le personnage central d’un documentaire présenté au festival de Cannes, « Libre » sorti le 26 septembre dernier. Agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, il a été poursuivi plusieurs fois en
justice, notamment pour « aide à l’entrée de personnes en situation irrégulière ». Ce militant a aussi contesté la notion de « délit de solidarité » auprès du Conseil constitutionnel qui lui a donné raison. Aujourd’hui, il continue d’accueillir des migrants et les aide à effectuer leurs demandes d’asile.

Comment ce combat a-t-il débuté pour vous ?
En 2015, la France a décidé d’intensifier les contrôles aux frontières au nom de la lutte antiterroriste. À ce moment-là, je n’étais pas encore engagé. Tout a commencé avec une famille soudanaise que j’ai ramenée d’Italie à la gare de Breil-sur-Roya. J’étais descendu à l’église Sant’Antonio de Vintimille où un prêtre colombien, Don Rito, avait décidé d’ouvrir les portes aux mineurs isolés, aux femmes seules ainsi qu’aux familles. Là, j’ai vu une centaine de personnes bloquées. J’ai ramené chez moi la famille que j’étais venu rechercher. C’était mon premier contrôle policier entre Breil-sur-Roya et Nice. Ensuite, j’ai commencé à aller régulièrement à l’église Sant’Antonio et à faire du passage de mineurs, de femmes isolées et de familles. C’était pour moi une nécessité de les aider à passer, surtout pour leur éviter de se mettre en danger.

Propos recueillis par Patrick Noviello