Les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement Monti sont-elle vraiment réalisables s’il n’y a pas une démocratie qui fonctionne correctement et une classe politique intègre ?

Si les conditions nécessaires sont effectivement une démocratie qui fonctionne correctement et une classe politique intègre, pas de doute, toutes deux font défaut à l’Italie. C’est malheureusement une longue histoire, caractérisée par un manque de confiance profond en l’État et une culture quasi inexistante de la légalité, comme en attestent l’ampleur de la corruption et de l’évasion fiscale, et surtout l’impunité garantie aux corrompus et aux fraudeurs grâce à une succession de lois appropriées.
Quiconque connaît l’histoire de l’Italie sait que la corruption et la fraude fiscale sont des composantes anciennes et constantes avec lesquelles les Italiens ont appris, depuis longtemps, à cohabiter, et les personnes honnêtes en payent le prix fort. On peut dire la même chose de la mafia qui, aujourd’hui comme hier, malgré les succès obtenus par la lutte contre son bras militaire, continue malheureusement à être quasiment intouchable au sein de la soi-disant bourgeoisie mafieuse, capable d’agréger et d’orienter une partie considérable du consentement de la population, surtout en période électorale.
Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une nouvelle phase historique, dans laquelle les vieilles stratégies de survie mises au point il y a plus de quarante ans ne sont plus possibles ; et l’Italie risque vraiment de prendre une voie de non-retour.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Rocco Femia