Hier soir, mardi 19 mai, vers 22h30, ceux qui ont vu l’émission « Propaganda Live »  sur la chaine italienne La7 ont eu le plaisir d’assister à un rare moment de grande télévision.
Un monologue de six minutes d’une grande intensité, profond, et même émouvant à la fin.
Une femme, une grande actrice, Anna Foglietta, parlait des femmes. Elle parlait de Silvia, de Teresa, de Giovanna, d’Ambra. Mais, en réalité, beaucoup plus simplement, elle parlait de nous. De nous tous. Voici un des passages les plus touchants :

« Une fois, lors d’une conférence sur les femmes, j’ai entendu dire que la seule différence entre l’homme et la femme est dans la testostérone. Que, à capacité égale, les femmes seront toujours inférieures aux hommes parce qu’elles n’ont pas de testostérone. Vous comprenez, c’est une question de chimie. Mais ne peut-on pas faire un vaccin qui rende les hommes moins dépendants de la testostérone et élever les femmes ? En effet, ce n’est pas comme si nous voulions toujours l’emporter.
Une idée fixe m’a taraudé l’esprit en ces jours de quarantaine : ô combien ce serait bon si nous essayions de vivre toujours en paix… d’avoir la capacité de regarder la fragilité des autres comme nous regardons la notre […]
Nous avons essuyé des larmes et écouté attentivement nos histoires. On s’est battu contre les injustices subies, les abus réprimés, les paroles violentes qui glissent comme des gouttes d’eau, et les secrets conservés dans des oreilles complices. Dans le silence assourdissant de ces jours passés où beaucoup de choses ont été dites et pensées, voici une idée, toujours la même, telle une écharde dans mon esprit qui me travaille : ô combien il pourrait être facile de vivre heureux. »

Oui. Comme ce serait beau si le monde était toujours habité par ces mots, par cette beauté. Par des femmes comme Anna Foglietta. L’air frais au milieu de cette puanteur pestilentielle.