23 mai 1992, à Capaci, avec Giovanni Falcone et les trois hommes de l’escorte, il y avait également Francesca Morvillo.
On l’appelle toujours généralement « femme », « compagne ». Pendant longtemps, elle a simplement été « la maîtresse », avant qu’ils ne se marient, parce que c’est le rôle que doivent avoir les femmes, toujours un pas derrière les grands hommes. La vérité c’est que Francesca Morvillo était infiniment plus que ça. Elle était magistrate.
Une magistrate importante. Elle était juge au tribunal d’Agrigente puis substitut du Procureur général à Palerme auprès du tribunal pour les mineurs. Une vie entière consacrée à son travail. De ce tribunal, des procès, du travail de son mari, Francesca Morvillo savait tout et partageait tout : la peur quotidienne, le sens d’une mission à laquelle ils croyaient ne pouvoir échapper. Elle savait ce qu’elle faisait le 23 mai 1992, quand la voiture dans laquelle elle était, installée sur le siège passager, a explosé, et avec eux une grande partie de l’espoir de notre pays. Le 23 mai 2020, Giovanni Falcone – ce géant italien que nous avons justement célébré -, aurait sans doute aimé et voulu qu’un espace identique dans nos récits, dans nos pleurs, dans nos célébrations, soit dédié à elle, Francesca Morvillo, première et unique magistrate victime d’un attentat en Italie. Une grande italienne.
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Lorenzo Tosa, 35 anni, giornalista professionista, grafomane seriale, collabora con diverse testate nazionali scrivendo di politica, cultura, comunicazione, Europa. Crede nel progresso in piena epoca della paura. Ai diritti nell’epoca dei rovesci. “Generazione Antigone” è il suo blog.