Municipales en France, Régionales en Italie, les tests électoraux se multiplient des deux côtés des Alpes avant le retour d’échéances plus nationales. En France Marine Le Pen a d’ores et déjà lancé sa campagne pour la Présidentielle. En Italie Salvini joue l’effet domino et compte faire tomber, parlementaire par parlementaire, la majorité actuelle pour revenir au pouvoir.
Seulement Rassemblement National comme Lega manquent encore de ressources. Leur « plafond de verre », comme le qualifie certains analystes politiques à propos du R.N, peut sauter mais à condition de coalition. Salvini y a déjà goûté et a fait exploser ce plafond ou cette digue avec le Mouvement Cinq Etoiles. Les effectifs et électeurs de « Debout La France » ont été largement insuffisants pour Marine Le Pen lors de la Présidentielle 2017.

En son temps le patron de la Ligue s’était inspiré de la rhétorique de Le Pen père pour se donner une stature nationale (et faire oublier la revendication indépendantiste de feue la Ligue du Nord pour la « Padanie »). Mais son homologue française, elle, sauf à faire sauter quelques digues à droite, ne bénéficie pas du même écosystème. Bref si Matteo Salvini et Marine Le Pen n’arrivent pas à mieux travailler leurs alliances, d’autres vont s’y employer à leur place.

En Italie, Giorgia Meloni devient une concurrente sérieuse pour Salvini. J’emploie, à dessein, le terme de « concurrente » parce que les deux politiciens jouent sur le même secteur de marché. Le 3 février dernier, la patronne de Fratelli d’Italia inaugurait à Rome le Congrès des conservateurs. A l’affiche de l’évènement se trouvait également : Marion Maréchal.

Serait-ce donc le temps de celles qui ne feront pas dans « la copie de l’originale », comme aurait dit autrefois un leader frontiste ? Elles opteront plutôt pour une version « upgradée » de ce qui est actuellement proposé à leurs électeurs qu’elles qualifient de « conservateurs nationaux». Marine Le Pen et Matteo Salvini sont prévenus. Ils pourraient bien se faire doubler par leur droite.

Salvini rattrapé par la patrouille

C’était en juillet 2019. Un navire militaire italien avait dû attendre plus d’une semaine pour faire débarquer à Catane (Sicile) les plus de 110 migrants qu’il avait recueillis en mer. A l’époque la situation avait choqué l’opinion publique, les associations de défense des migrants mais aussi plus largement.
Comment un gouvernement, alors dirigé par la Lega et Salvini (Ministre de ‘l’intérieur d’alors) peut-il empêcher un des navires de sa propre armée à accoster pour une raison de force majeure ? Le leader de la Lega avait alors, comme à son habitude, bombé le torse, et s’était même vanté de ce fait de guerre d’opinion.
Plus de 6 mois après, le Sénat italien a renvoyé en justice le chef de l’extrême droite pour séquestration de personnes et abus de pouvoir.