Surprenant et révélateur, le cas de Domenico Lucano, récemment arrêté pour aide à l’immigration clandestine et irrégularités dans l’octroi des financements pour le ramassage des ordures, l’est assurément. En Italie c’est presque un anonyme, alors que ces jours-ci on lui rend hommage dans le monde entier pour sa courageuse démarche d’intégration des migrants. Il est vrai que, comme chacun sait, nul n’est prophète en son pays.

D’autant moins lorsque ce pays affiche un goût immodéré pour ce sport national, délétère il est vrai, mais commode tant il permet de s’auto-absoudre à volonté, que l’écrivain Claudio Magris appelle le « défaitisme à l’italienne ».

Quelle importance que nous nous retrouvions, une fois de plus, à devoir rappeler que pour l’hebdomadaire américain Fortune, il est le seul Italien digne de figurer sur la liste des personnalités qui font avancer le monde ? Son nom est synonyme d’humanité.

Il commence par un « M » mais, contre toute attente, il s’agit d’un Mimmo et non pas d’un Matteo. Mimmo Lucano dit ‘U Curdu’ (Mimmo, le Kurde). Est-il besoin de rappeler que, lorsqu’il prit ses fonctions de maire, Riace était un minuscule village exsangue du territoire de la Locride, où ne subsistaient que quatre-cents personnes âgées, village que l’on avait dépouillé de tout, même de ses fameux guerriers de bronze [deux statues grecques monumentales datant du Ve siècle av. J.-C. découvertes au large de Riace et conservées au musée de Reggio Calabria, ndr] ?

Rocco Femia