Turin , l’âme d’une capitale

Turin

Turin est une ville de clairs-obscurs. On est bien loin des foules qui arpentent chaque jour les trottoirs de Rome pour admirer sa beauté ostentatoire. Ici, sur les riches façades des palais aristocratiques et dans les rues parfaitement perpendiculaires, règne une élégance sobre. Ici reposent les succès et les revers des grandes familles : les Savoie, les Agnelli, les Elkann, dont les rêves et les ambitions ont marqué le destin du pays entier.

Turin a affirmé au fil du temps sa prééminence dans de nombreux domaines. Elle a été la première capitale du nouveau royaume d’Italie, avant Florence et Rome. Grâce à l’essor de la marque automobile Fiat, elle a joué le rôle de capitale industrielle, et a fortement contribué à redessiner l’Italie des années cinquante. Un peu comme le Piémontais Cavour, un siècle auparavant, avait dessiné l’Italie en rendant possible son unification.

Et la ville pourrait bien à l’avenir décrocher un autre titre, celui de capitale culturelle. Fidèle à la clairvoyance qui la caractérise, Turin a depuis longtemps compris que l’époque de la métropole industrielle, grise et sans charme, était révolue. Et à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver 2006, elle s’est refait une beauté, montrant un nouveau visage qui mêle sa riche histoire à un regard toujours ouvert sur l’avenir. Les plus surpris par cela ? Les Turinois eux mêmes, qui se sont redécouverts touristes dans leur propre ville.

Art et histoire du xxe siècle

À Turin, il est difficile d’être transparent. Les gens vous regardent dans les yeux et n’ont pas peur de vous adresser la parole ou de répondre à vos questions. Si vous avez un appareil photo pendu autour du cou, ne soyez pas étonnés de rencontrer quelqu’un qui vous demande de le prendre pour modèle ou d’immortaliser l’une des nombreuses manifestations en cours, vous transformant ainsi en journaliste en herbe.

Aux premières lignes de la Résistance antifasciste, la ville conserve un sens civique très fort et honore la mémoire de cette période grâce au Museo diffuso della Resistenza, situé non loin de la gare de Porta Susa. Le musée propose un parcours de visite multimédia interactif qui, à travers images et témoignages audiovisuels, guide le visiteur dans la Turin dévastée par la guerre [pour en savoir plus, Les Lieux de la Résistance italienne, Éditalie éd., 2014].

La crise de ces dernières années a aussi touché Turin : les Jeux olympiques ont laissé en héritage de nouvelles œuvres architecturales, mais aussi des dettes. Les voitures sont désormais construites en Pologne et le Lingotto, l’ancien siège de Fiat, abrite maintenant un centre commercial. Là où les grands-parents fabriquaient les moteurs de toute l’Italie, les petits-enfants font du shopping, se promènent dans des espaces devenus anonymes, vont voir une exposition à la Pinacothèque Agnelli. Mais les Turinois ne se plaignent pas pour autant, ils vont de l’avant et entendent bien retrouver leur gloire perdue.

Il n’est donc pas surprenant que le Lingotto propose des rendez-vous culturels parmi les plus importants du pays, comme le « Salon du Livre », au mois de mai, ou la foire internationale Artissima en novembre.

Roberta Lombardi

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