Une « vieille dame » et des épargnants en danger

Connaissez-vous le « Stress Test » ? C’est l’épreuve qu’a fait passée l’Autorité Bancaire Européenne à plus de cinquante établissements bancaires européens. Si l’on en croit notamment « Le Monde » et « Le Journal du Dimanche », les établissements italiens sont parmi les plus mal notés à ce test de résistance.

Parmi les banques pointées du doigt, l’ancestrale « Monte Dei Paschi di Siena », la plus vieille banque du monde, fondée en 1472. Son problème ? Elle détiendrait plus de 45 milliards de créances douteuses. Son Conseil d’Administration a annoncé un plan de sauvetage. Mais au delà des directions d’établissements et de leur personnel, l’inquiétude plane aussi sur les clients, notamment les épargnants qui se sont vus conseiller des placements douteux ou à risque.

« Nous sommes un pays qui s’assoit sur eux depuis 1991 » accuse l’avocat milanais Cino Raffa dans les colonnes du JDD. « Dans tous nos scandales financiers, de la dette argentine à Cirio et Parmalat et aujourd’hui dans certaines banques, c’est le même scénario. Mais là c’est encore pire » assure ce spécialiste des contentieux financiers.

L’an passé l’effondrement de quatre banques toscanes avait provoqué la perte d’une partie de leurs économies pour plus de 10 000 épargnants.

Médias: la revanche du papier ?

« Libération » dresse dans ses pages « Médias » le portrait d’Urbano Cairo. Son nom ne vous dit peut-être rien. Il est surnommé « le petit Berlusconi » mais a pris un volume certain depuis qu’il a racheté « Il Corriere della Sera », le premier quotidien national. Ce qui fait sa particularité de chef d’entreprise ? Il est sûr de pouvoir gagner de l’argent dans la presse écrite. Et il va encore plus loin en déclarant que « les journaux papier ne mourront pas ». C’est tout ce qu’on lui souhaite…

L’ancien assistant de Berlusconi, avant de s’émanciper, n’a cependant pas les méthodes du « Cavaliere ». S’il traque la moindre dépense superflue, il ne semble pas être un adepte des coupes franches dans les effectifs. Quand il a repris la chaîne de télévision LA7 nous raconte Eric Joszef, le correspondant de Libé, elle perdait 100 millions d’euros par an. Au bout de huit mois au régime Cairo, elle retrouvait l’équilibre, le tout sans suppressions d’emplois. Le grand patron est également l’un des seuls dirigeants nationaux de club de foot, Torino, à ne pas perdre d’argent.

Espérons qu’il ira également droit au but avec le Corriere et la « Gazzetta dello sport ».

L’Italie à Paris

50, rue de Varenne, 7ème arrondissement. C’est là que siège l’Institut culturel italien dans la capitale française. Si, comme moi, vous n’avez jamais poussé sa porte, l’article d’Aureliano Tonet dans « Le Monde » du 1er août va vous en donner l’envie. Il y est d’abord question d’un mur sur lequel a été reproduit en image et son une allée des chants (« Viale de Canti ») à base de poèmes italiens. Bienvenue !

Mais si l’on va au delà de ce mur créatif et qu’on se penche sur les parcours de ceux qui l’ont conçu, c’est là que l’histoire devient encore plus intéressante pour les amoureux de l’Italie. Ce mur ne constitue pas une frontière mais au contraire un appel au voyage. Parmi les concepteurs notamment pour assurer les signes typographiques : l’éditeur Enrico Tallone e sa famille. L’histoire de son imprimerie d’Alpignano, près de Turin, remonte à son père et aux années 30. Et sont édités là-bas des amis de la maison comme Pavese ou Neruda.

Enfin pour en connaître d’avantage sur l’histoire de l’Hôtel de Gallifet qui abrite l’Institut culturel italien, procurez-vous le livre publié en version bilingue par sa directrice Marina Valensise.

Un dernier pour la route

Si comme moi vous vous apprêtez à partir en vacances, n’oubliez pas d’emporter un livre dans vos bagages. Celui se rapportant à l’Italie qui fait beaucoup de bruit en ce moment dans la presse française est « Via Appia » de Jacques de Saint-Victor (Equateurs Littérature). L’auteur y entreprend de sillonner en Fiat la plus ancienne route de la péninsule (voire du monde ?) de Rome jusqu’à Brindisi.

L’historien, journaliste et critique littéraire, qu’on avait déjà lu pour ses travaux sur la mafia, nous livre là une photo instantanée de son périple mais au regard de l’histoire de la péninsule. Une péninsule à travers laquelle il recherche au volant de sa Fiat une certaine image de la France son enfance.

Mais c’est bien mille et cent choses de l’Italie que nous apprend l’auteur, un pays avec ses qualités et ses défauts, d’aujourd’hui aussi pas seulement celui des manuels d’histoires ou des films des années 60. Ce livre est un vrai appel au voyage et à la découverte du « Bel Paese ». J’ai déjà fini de le lire avant de partir…