La compagnie des « PATRIOTES » voulus par Berlusconi est proche de la faillite avec des pertes journalières qui avoisinent le 600 mille euros et avec une gestion désastreuse…

Des vols à l’intérieur du pays déjà confiés aux Roumains de Carpatair, l’entretien confié aux Israéliens, la réparation des chariots est mise en vente malgré c’était le fleuron de la compagnie, le vol Rome-Milan, véritable poule aux œufs d’or, mis en difficulté par la concurrence des trains rapides, la billetterie en voie de réduction. En perdant un morceau après l’autre, l’Alitalia des « patriotes » lancée avec fanfares en 2008 par le duo Silvio Berlusconi chef du gouvernement et Corrado Passera administrateur de Banca Intesa, est aujourd’hui inexorablement devenu une Alitalietta, une petite compagnie sur laquelle pend la menace très concrète de devoir déposer les livres comptables devant le tribunal de commerce. La perte quotidienne est estimée au-delà de 600 mille euros malgré l’annonce il y a quelque semaine des administrateurs qui avaient juré sur un trimestre en cours exceptionnellement en actif.

La dette accumulée dépasse les 700 millions d’euros et en pratique elle s’est déjà mangé trois quarts du capital. Ce sont les prodromes de la faillite, la seconde en moins de 5 ans. Un crac privé qui fait suite à celui de l’Etat et qui a coûté aux contribuables italiens entre 3 et 4 milliards d’euros. Comme dans un absurde jeu de l’oie aéronautique, nous sommes revenus à la case de départ.

L’histoire des vols nationaux italiens confiés à des avions et à des équipages roumains est exemplaire et révélatrice du climat d’incertitude qui accable la Compagnie. Le premier essai sous la direction des Roumains a été tenté il y a quelque mois sur la ligne Rome-Pise accueilli par les clients avec surprise. Après Pise sera le tour d’Ancône et puis d’autres aéroports italiens et européens. On parle même de Nice. Les avions Italo-Roumains devraient devenir 10 et peut-être même 15 en peu de temps, pratiquement un dixième de l’entière flotte. Et ce qui est surprenant c’est qu’il s’agit d’avion Atr 72 biturboelica, les seuls avions franco-italiens civils assemblés à Toulouse, liquidés à l’époque par les « patriotes Alitalia » parce que considérés inutiles. En oubliant que le monde entier se les arrachent.

Il faudrait une belle recapitalisation avec de l’argent frais pour faire lever à l’horizon quelque lueur d’espoir. Mais les « patriotes » n’ont aucune intention de mettre les mains à la poche. Au contraire, leur première pensée est la fuite et le 12 janvier c’est le dernier jour utile pour foutre le camp. Et oui, car ce jour-là expirera le célèbre lock up, c’est-à-dire l’interdiction de vendre leurs actions. Deux acheteurs possibles à l’horizon, pareil qu’il y a deux ans: Air France et la compagnie d’Abu Dhabi.

AIR FRANCE ne navigue pas non plus en bonnes eaux même si est en meilleure santé qu’Alitalia. Pour l’avionneur transalpin l’entrée en tant que patron dans la compagnie de Fiumicino par le biais de l’accroissement des 25 % d’actions qui possède déjà, reste néanmoins une bonne affaire. À ce propos la Compagnie française pourrait utiliser à son bon plaisir la flotte italienne dans un rôle de passerelle, en faisant le ramassage des clients en Italie, surtout dans le centre-nord, pour en suite les transporter à Paris et les embarquer sur ses propres vols internationaux et intercontinentaux, sur lesquels Air France gagne vraiment de l’argent.

Même sort pour Alitalia dans le cas de proposition d’achat de la part de l’émir d’Abu Dhabi avec la compagnie Ethiad. Dans ce cas le « ramassage » et le déplacement de voyageurs se ferait en direction du Moyen Orient pour en suite continuer vers le monde entier. En suivant cette stratégie Ethiad a déjà conquis sa première proie en Europe en mettant les mains sur Air Berlin qui en peut de temps a été réduite au rôle de compagnie d’appoint.

Vive le « patriotisme » à la Berlusconi…