L’Italie des racistes et des clandestins

La manifestation RITALS s’est achevée sur un succès public et critique unanime, au-delà de toute attente. Plus de deux mille personnes ont assisté à ces deux journées consacrées à une réflexion sur l’Italie, pays d’émigration devenu terre d’immigration. Signe que ces sujets sont loin d’être dénués d’intérêt, et que les gens ont besoin de savoir, d’entendre des témoignages crédibles, comme celui de la maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, qui nous a fait l’honneur de sa présence à Toulouse pour l’occasion.

Ces hommes et ces femmes, avec leur inévitable cargaison d’enfants et d’adolescents, fuient les guerres et la misère. Une fois entrés en Italie, ils subissent la double peine de la solitude et de l’illégalité : accueil presque inexistant (en dehors de certains îlots heureux et grâce à des citoyens qui prennent soin de ces « misérables » de notre époque), et absence totale de politique d’intégration. Des politiques qui ont échoué, certainement pas à cause de ces malheureux, mais plutôt en raison des maux ancestraux de notre pays : bureaucratie, gaspillages, corruption. La radiographie qui ressort, à l’écoute de ces témoins, est celle d’un désastre humanitaire sans précédent.

L’expression qui convient le mieux aux immigrés est celle de « contraints à l’illégalité ». Et cela, sous les yeux indifférents de la loi. Car telle est leur condition, une fois débarqués sur le sol italien.

Rien qu’en 2014, le pays en a accueillis cent soixante-dix mille. Et nous avons perdu la trace d’au moins cent mille d’entre eux. Peut-être sont-ils toujours en Italie, plus probablement dans d’autres États européens. Qui sait. Un peuple de fantômes, comme on l’appelle, de pauvres gens en quête d’une vie meilleure. Sans écarter l’inquiétant soupçon que se soient également glissés, sur un nombre aussi important de personnes, certains fanatiques qui haïssent l’Occident.

Notre revue a consacré tout un week-end, les 7 et 8 février derniers, à l’histoire de l’émigration italienne dans le monde d’abord, et à l’échec des politiques d’aide et d’intégration des migrants et des réfugiés arrivés dans la Péninsule ensuite. Deux journées de rencontres rendues possibles grâce au soutien important de la Région Midi-Pyrénées et de la Mairie de Toulouse.

Rocco Femia

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