Romancier, nouvelliste, biographe et dramaturge, Vincent Engel est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux auteurs en Belgique francophone. Il a pris sa plume pour la revue RADICI.

Vous êtes à table avec des amis, la conversation a couru sur des sujets aussi variés qu’insignifiants. Presque inévitablement, si vous êtes en bonne compagnie, on en vient à parler d’Italie. Et chacun de faire la liste de ses sites préférés. Alors, quand l’un ou l’une de vos convives sortira de son chapeau le nom de Naples, soyez sur vos gardes : le premier qui clamera, avec emphase : « Ah ! Naples ! Quelle belle ville ! », celui-là, rayez-le de votre carnet d’adresses…
Je ne prétends évidemment pas que Naples est laide. Mais dire de cette ville qu’elle est belle, c’est ne l’avoir pas visitée, ou alors distraitement, le nez dans un livre, les oreilles emplies d’un madrigal de Gesualdo, la tête pleine des images du Caravage et légendes sulfureuses sur le peintre et le musicien meurtriers…
La première fois que je suis allé à Naples, c’était à la fin des années 1990.

Vincent Engel