Stupéfiante interview du 1er Ministre Tchèque dans Le Figaro de ce 29 juin au lendemain du sommet européen sur l’immigration. L’homme refuse que les fonds européens versés à son pays soient conditionnés à l’acceptation de réfugiés. Au moins, ça a le mérite d’être clair…

Mais ce bon « populiste » comme on aime désormais à les appeler ne s’arrête pas là. Lui veut donc les fonds de l’UE sans les migrants et propose en plus que « les frontières soient protégées par les pays frontaliers, la Grèce, l’Italie, l’Espagne » et qu’on les aide en « envoyant des policiers en renfort comme nous le faisons déjà ».Quelle clairvoyance !

Menace de Brexit bis

« Choqué » par Emmanuel Macron « qui affirme que nous ne sommes pas solidaires ». Andrej Babis brandit la menace ultime. « On a eu le Brexit. Si quelqu’un veut nuire à l’Europe qu’il continue avec cette idée de quotas… » Comment ça, la République Tchèque pourrait quitter l’Europe ? Tremble Jean-Claude Juncker.
Quoi qu’il en soit, l’homme est sûr de son fait. Et surtout selon l’adage « Je n’ai rien contre les étrangers, j’ai même un ami qui en est », voilà que le chef de gouvernement tchèque raconte à la journaliste du Figaro ses souvenirs lorsqu’il vivait au Maroc. « J’y ai beaucoup d’amis. Je me pliais aux règles en vigueur : nous ne mangions pas de viande de porc. Ma femme ne portait pas de tee-shirts, pendant le ramadan… ». Et de conclure : « On veut la même chose : le respect par les arrivants de notre mode de vie ».

L’Europe, le village d’Obélix et Astérix

La vision de l’Europe de ce Monsieur est également très intéressante et d’une finesse inégalée : « Ma vision, c’est l’Europe comme le village d’Astérix et Obélix. Un village composé de 27 pays. Pour cela, il nous faut définir le territoire du village, et de préférence définir un périmètre selon les frontières naturelles maritimes ». Et le Premier Ministre Tchèque de s’appuyer sur ses certitudes : « Les mouvements anti-immigration gagnent du terrain. Ils sont en train de changer la vision de l’Europe ».
Quelques éléments de CV pour terminer, ce dirigeant est milliardaire, est persuadé qu’on veut le détruire, se veut à la tête d’un parti antisystème, et a fait du « diktat » de Bruxelles son cheval de bataille. Des éléments de profil qui nous rappellent d’autres chefs d’état populistes. Monsieur Babis s’engouffre donc à son tour dans le combat contre l’immigration. Au fait, « Babis » ou « crapauds », c’est ainsi qu’étaient insultés les immigrés italiens quand ils ont débarqué à Marseille.