Les migrants, qui sont devenus quasiment des populations composées uniquement par des familles, donc avec beaucoup d’enfants, fuyant guerres et massacres, sont devenus dans notre imaginaire à chacun, dans les journaux et dans la politique, quatre types de réalités séparées, qui font du bruits ou attirent l’attention de manière à chaque fois différente, selon le besoin du moment.

Analysons-les dans le détail :

1. Première version : Nous pensons que les migrants (ou peut être serait mieux de dire les réfugiés), constituent un grand problème humanitaire et le banc d’essai de notre humanité. Impossible, donc, que le monde civilisé auquel nous croyons appartenir, puisse tolérer la nouvelle, désormais routinière, de la mort de dizaines d’enfants noyés dans la tentative de fuir leurs pays avec leurs parents.

2. Deuxième version : Nous pensons que les réfugiés, peu importe la portée humanitaire du problème, sont principalement des personnes à la recherche d’une vie meilleur que nous ne sommes pas en condition de leur offrir. S’ils montent tous à bord (désolé pour la métaphore, mais elle est inévitable), ils feront couler notre bateau-pays. En limiter le nombre, donc, ou carrément les arrêter, n’est pas de l’égoïsme, mais une raisonnable nécessité.

3. Troisième version : Nous pensons que parmi les réfugiés il y a des terroristes et ceux qui viennent avec la mission de radicaliser l’islamisme, déjà largement présent en Europe. Il est donc non seulement opportun de les arrêter mais aussi de les éloigner le plus possible.

4. Quatrième version : Nous pensons que les lois européennes, les italiennes tout particulièrement, sont un aimant dangereux qui met au risque notre bien-être et notre état-social, le mythique « Welfare ». En effet, les immigrés touchant des subsides et des soutiens que les Italiens n’ont pas, constituent un poids impossible à supporter et puis, volent notre travail et de surcroit dans nos maisons.

Or, quiconque analyse ces quatre versions, avec un minimum de bonne foi et sur la base de ce qu’il sait vraiment, pas de ce qu’il a entendu dire, il devrait se rende compte immédiatement de deux choses :
– les versions négatives l’emportent sur les positives
– les versions négatives sont fausses.

Cependant, ces versions inspirent et orientent nos parlements et nos gouvernements. L’exemple le plus affligeant est l’annonce que l’Europe mettra en place « une police de frontière », 2500 hommes pour faire une « chaine humaine » autour du continent. En d’autres mots, une dépense inutile, puérilement insuffisante et impossible car personne n’a jamais arrêté l’exode de populations entières, même si dans ces proportions. Et alors, voici que l’Europe, du coup pas du tout alarmée par la mort des enfants en mer mais par des faux renseignements sur lesquels se base sa politique, a décidé de faire plus. Elle ordonne à l’Italie « d’identifier » par le biais des empreintes digitales ceux qui arrivent à se sauver des traversées en mer ou qui se présentent vivants aux frontières, et ajoute : « en recourant, s’il le faut, à l’usage de la force ».
Donc, si je ne me trompe pas, l’Europe demande aux Pays exposés à l’entrée des immigrés (même demande à la Grèce), de violer les principes humains et civils énoncés par les traités souscrits par ces mêmes Pays, soi-disant, civils. L’Europe demande, au fond, de violer chaque Constitution démocratique.
Voilà, maintenant, nous ne pouvons plus dire que l’Europe, au sujet du plus important exode humain de notre époque, sois absente.
Sauf que, peut être, c’était mieux quand elle l’était.

Ah, dimenticavo, Buon Natale a tutti, non si sa mai che… quel bambino arrivi a nascere anche nei nostri cuori… visto che sulle strade d’Europa cerca ancora, invano, la sua stalla.