Milano arbore aujourd’hui bien des visages. Ici, l’on passe sans transition du Dôme aux Navigli, du quadrilatère de la mode et des gratte-ciel au château médiéval des Sforza.
Autant de Milano que l’on découvre de l’intérieur, entre passé et présent, au gré de promenades où l’on rencontre Léonard de Vinci et Giuseppe Verdi, mais aussi les habitants de la Milan d’aujourd’hui, italiens ou étrangers, qui ont fait de la ville une demeure à leur image.

Milano n’existe pas. Du moins, il n’existe pas une seule Milano, celle que d’aucuns décrivent avec son brouillard, ses habitants impolis et ses gratte-ciel là où autrefois l’herbe poussait [allusion à la célèbre chanson d’Adriano Celentano Il ragazzo della via Gluck, ndr]. Il y a autant de Milan que d’habitants, et la seule différence entre ceux qui y vivent et ceux qui y passent, c’est un appareil photo pendu au cou. Cela saute immédiatement aux yeux, dès que l’on descend du train et que l’on quitte la Gare Centrale – inaugurée en 1931 par le régime fasciste, imposante et austère avec ses longs escaliers, ses porches sombres, et qui, depuis 2010, affiche un nouveau visage avec des éclairages modernes, des boutiques à la mode et des escaliers mobiles. À l’extérieur, publicités et échafaudages rappellent que, du 1er mai au 31 octobre 2015, aura lieu ici l’Exposition universelle, et que les travaux vont de l’avant, malgré les scandales financiers et les craintes de voir le projet mis à mal. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, il y a le tram de couleur orangée, avec ses banquettes en bois, ses dragonnes de vieux cuir et ses roues qui grincent depuis quatre-vingts ans. Deux voitures de « type 1928 » suivent un itinéraire qui permet de découvrir la ville, bien mieux que les quatre lignes du métro, bien pratiques pour les travailleurs, car le métro va vite, mais il néglige les monuments, les rues et les places. Empruntons donc la ligne 1 du tram pour rejoindre la cathédrale. Il ne faudra que trente minutes pour l’atteindre.

Biagio Picardi

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